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Dance Of Death – Pochette

Dance Of Death

8 Septembre 2003

1. Wildest Dreams (Smith, Harris) [03:52]
2. Rainmaker (Murray, Harris, Dickinson) [03:48]
3. No More Lies (Harris) [07:21]
4. Montségur (Gers, Harris, Dickinson) [05:50]
5. Dance Of Death (Gers, Harris) [08:36]
6. Gates Of Tomorrow (Gers, Harris, Dickinson) [05:12]
7. New Frontier (McBrain, Smith, Dickinson) [05:04]
8. Paschendale (Smith, Harris) [08:27]
9. Face In The Sand (Smith, Harris, Dickinson) [06:31]
10. Age Of Innocence (Murray, Harris) [06:10]
11. Journeyman (Smith, Harris, Dickinson) [07:06]

Paroles Divers pressages Line-up Autres images
Picture Disc
 
Singles : Tournée : Vidéo :
Wildest Dreams
Wildest Dreams
1er septembre 2003
Wildest Dreams DVD
Wildest Dreams
1er septembre 2003
DVD
Rainmaker
Rainmaker
24 novembre 2003
Rainmaker DVD
Rainmaker
24 novembre 2003
DVD
No More Lies EP
Different World
29 mars 2004
Dance Of Death
Souvenir EP
Dance of Death World Tour
Dance of Death
World Tour

Mai 2003–
février 2004
Death On The Road
Death On The Road
2 février 2006

Dance of Death est probablement l'album le plus controversé d'Iron Maiden jusqu'à présent, et ceci par plusieurs aspects. La première chose que l'on remarque, comme à chaque sortie d'un nouvel album, est la pochette. Celle-ci particulièrement, réalisée par un certain David Patchett, a fait l'objet de nombreuses discussions – voire de disputes – parmi les fans, et ce bien avant que l'album ne soit dans les bacs et que quiconque n'ai eut l'opportunité d'en écouter le contenu. Jugée affreuse et indigne d'une pochette d'Iron Maiden par de nombreux fans, elle a causé plus de polémiques que la pochette de The X Factor, qui avait pourtant également représenté un changement radical par rapport aux créations de Riggs et qui avait marqué la fin d'une époque – celle de la collaboration Maiden–Riggs.

Bien qu'Eddie soit toujours présent – sous une forme cependant légèrement différente de celle que Riggs nous aurait donné – il est entouré par des personnages créés par ordinateur qui ont choqué beaucoup de fans lorsque la pochette a été officiellement dévoilée au public. Eddie lui-même est représenté sous les traits de la Mort, ce qui donne une étrange impression de déjà-vu. N'est-ce pas aussi la Mort qui illustre chacune des pochettes des albums de Children of Bodom ? Quant aux personnages bizarres créés par ordinateur qui entourent Eddie, ce sont eux qui ont provoqué la controverse avant même la sortie de l'album. Iron Maiden donnait-il une avant-première truquée de la pochette de Dance of Death afin de se moquer des hordes de fans avides qui surveillent régulièrement le Net dans l'espoir d'un aperçu exclusif de la pochette du futur album? La plupart des fans n'arrivaient pas à croire que Maiden allait réellement sortir un album avec une pochette aussi atypique (et, avouons-le, aussi moche). Ces personnages créés par ordinateur ne sont même pas correctement réalisés : si vous regardez de près, la « femme » au premier plan a le cou tordu de manière horriblement bizarre et le reste de ses articulations semble avoir le même problème, de même les fesses du bébé ne touchent pas le loup blanc, et il y a encore de nombreux autres détails qui ne devraient pas avoir leur place sur une image correctement réalisée. Seul l'arrière-plan, avec les moines encapuchonnés, indique qu'une réelle recherche artistique a eu lieu lors de l'élaboration de la pochette – pour être malheureusement occultée par les personnages du premier plan.

L'illustration de la pochette, bien qu'il n'en soit pas fait mention dans les remerciements, fut réalisée par David Patchett, l'artiste des pochettes de Cathedral. Apparemment, le travail de Patchett ne comportait qu'Eddie et les moines, mais Rod a trouvé ça un peu vide et a demandé à quelqu'un d'ironmaiden.com d'ajouter les personnages que l'on voit autour d'Eddie avec le lpgiciel Poser. Ensuite, il a donné les esquisses à Patchett et lui a demandé de re-travailler la texture de la peau et des masques. Patchett l'a fait mais, n'étant pas satisfait du résultat, il a demandé que son nom ne figure pas dans les remerciements. Les masques utilisés proviennent de chez Goblin Art, une compagnie basée à Portland, Oregon (USA). Bien que la ressemblance soit frappante, ces masques n'ont jamais été utilisés pour le film de Stanley Kubrick Eyes Wide Shut (1999).

L'explication officielle qu'a donné Bruce est que les personnages de synthèse ont été également réalisés par Patchett, mais qu'il ne les a donnés à Maiden qu'en tant qu'esquisse et base de travail. Mais le groupe a trouvé ça bien tel que c'était et lui a demandé de ne pas faire de retouches.

Le livret du CD, par contre, contient quelques bonnes surprises de par les photos originales qu'il présente. Le photographe Simon Fowler a réalisé les portraits des membres du groupe accompagnés d'une figure fantomatique dansant autour d'eux. Il est clair pour tous que la figure en question est une femme presque nue portant un masque. Ces photos représentent un changement plutôt rafraîchissant par rapport à celle du précédent album, Brave New World, où tous les membres du groupe semblaient être au stade terminal d'une quelconque maladie grave ou bien au-delà de l'épuisement. L'élément érotique est également un nouvel aspect du groupe, liant Mort et Désir tels qu'ils le sont, par exemple, dans l'œuvre tristement célèbre du Marquis de Sade. Cet érotisme ne se retrouve cependant pas dans les paroles des chansons de l'album, et Sade ne semble avoir été source d'aucune inspiration pour les compositions. Toutefois, l'impression d'ensemble du livret rappelle le film sombrement érotique de Stanley Kubrick (1928–1999), Eyes Wide Shut, sorti en 1999, avec les capes, la nudité féminine, ainsi que les masques – dont les yeux sont constamment ouverts mais ne voient jamais rien.

Cet album n'est en aucun cas un concept-album, mais le thème central de la Mort y est récurrent sous une forme ou une autre: depuis la nécessité de vivre lsa vie e plus pleinement possible dans « Wildest Dreams » ou le désir profond de bien faire les choses dans « Rainmaker », jusqu'aux réflexions d'un personnage qui sait que son heure est proche avec « No More Lies ». Le groupe propose également un détour dans les pensées de ceux qui sont proches de la Mort, comme cette rencontre étrange et irréelle avec les morts vivants dans « Dance Of Death », la réminiscence des Cathares de « Montségur », morts depuis plusieurs siècles, ou, plus proche de nous, la confrontation de plein fouet avec les horreurs de la guerre dans « Paschendale ». Il y a bien sûr quelques chansons sortant du thème central, comme « New Frontier », qui aborde le sujet des manipulations de la Vie, ou des chansons soulignant la désolation du monde d'aujourd'hui – un sujet cher à Steve Harris – comme « Face In The Sand » et « Age Of Innocence ». On trouve également ce qui semble même être une critique de la « génération Internet » dans « Gates Of Tomorrow », avec l'allusion au World Wide Web et l'inquiétude qu'il risque de représenter notre unique avenir.

Seule « Journeyman » se démarque et sonne de façon très différente du registre habituel d'Iron Maiden. C'est la première fois que le groupe enregistre une chanson totalement acoustique, et ils l'ont très bien fait. Certains diront qu'ils ont ainsi tenté d'atteindre un public plus large, comme Metallica l'a fait avec « Nothing Else Matter » par exemple, mais je ne suis pas d'accord sur ce point. « Journeyman » est une composition acoustique comme seul Iron Maiden est capable d'en créer, et les membres du groupe y restent totalement fidèles à eux-même. D'un autre côté, si cela peut amener d'autres personnes – qui autrement ignoreraient le groupe – à écouter Maiden et servir ainsi d'introduction au son fantastique du groupe, je ne vais certainement pas m'en plaindre. Après tout, un nombre croîssant de fans signifie qu'il y aura d'autres bons albums à venir.

Cela étant, on peut affirmer que Dance of Death est vraiment un excellent album d'Iron Maiden, bien qu'inégal quant à la qualité des chansons qu'il contient, et qu'il a sa place dans la carrière de Maiden aux côtés de certains albums de l'âge d'or du groupe. De nombreux fans de longue date se plaindront du fait qu'il n'y a ici rien de nouveau ni de révolutionnaire, mais le groupe ne peut pas produire un Piece Of Mind ou un Powerslave à chaque fois qu'il sort un album sur le marché. Avec Dance of Death, ils ont réalisé un brillant album de Métal qui plaira encore à la vieille garde, tout en initiant les nouveaux fans au monde de Maiden de façon encore bien meilleure que ne l'avait déjà fait Brave New World.

album Dance Of Death – Dos de la pochette


 

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  Wildest Dreams (Smith, Harris) Commentaire Paroles

Wildest Dreams – Commentaire Wildest Dreams DVD – Commentaire
À nouveau une bonne intro d'album, tout à fait typique de Maiden. La signature de Smith est facilement reconnaissable et il nous gratifie d'un excellent solo. Cela étant, il n'y a rien de spécial à dire sur ce morceau. C'est une chanson qui a été faite sur mesure pour devenir un single, et dont les paroles, analogues à celles de « Wasted Years » (une autre composition d'Adrian Smith), nous rappellent que la vie est courte et qu'il est totalement inutile de se morfondre alors qu'on pourrait s'éclater. Selon la rumeur, cela pourrait également être une réflexion de Steve Harris à propos de son divorce.

La principale particularité de cette chanson réside dans le fait que c'est le premier morceau de l'album a avoir été dévoilé au public lors de la tournée Gimme Ed... 'Til I'm Dead qui a eu lieu juste avant la sortie de l'album Dance of Death. À chaque concert, Bruce prévenait le public qu'il se moquait pas mal que la chanson soit enregistrée illégalement et téléchargée en mp3 sur Internet, tant que les gens achèteraient l'album le jour de sa sortie. Ce fait marque le commencement d'une nouvelle attitude à l'encontre de la diffusion de musique sur le Net, bien loin de celle de Metallica qui était à l'origine des premières poursuites judiciaires lors du célèbre « incident Napster », et qui s'était ainsi rendu très impopulaire.

Napster
Kazaa
Iron Maiden a compris que les mp3 que chacun peut télécharger depuis le Net n'étaient que des avant-goûts, juste avant la sortie d'un album ou bien pour permettre de découvrir un album avant de l'acheter. Ceux qui téléchargent de la musique sans jamais acheter les albums commettent un crime selon la loi – qui s'appelle tout simplement du vol – et abusent de ce fabuleux système qui permet de tester un album avant son achat. Steve a très justement indiqué il y a quelques années que, du fait de la diffusion électronique de la musique, ils devraient à l'avenir repenser la façon dont ils faisaient les choses, et c'est exactement ce qu'ils ont fait. Pas une seule note de l'album ne se trouvait sur Internet avant la sortie de Dance of Death et « Wildest Dreams » a uniquement circulé sous la forme d'un enregistrement live de mauvaise qualité. Cette manœuvre a en fait contribué à attiser la curiosité des fans et a donc constitué une très bonne astuce de marketing. Maiden a intelligemment contourné une diffusion illégale de musique à son profit et a accru encore plus l'intérêt pour l'album à venir.

Pour finir avec « Wildest Dream », l'album ne commence pas par la musique elle-même, mais par Nicko comptant la mesure. Sur la plupart des albums, on entend Nicko parler à la fin de l'une ou l'autre des chansons, mais ce qui est ici particulier est que « MacBrain le fou » est le premier que l'on entend sur l'album, avant même la première note de musique. Cela ne s'était produit auparavant que sur « King Of Twilight », la face B du single Aces High, et sur « Justice Of The Peace », la face B du single Man On The Edge, mais jamais en début d'album bien que l'on puisse entendre Nicko donner le tempo juste avant « Losfer Words », l'instrumental qui se trouve sur l'album Powerslave. Quelle peut en être la raison ? Juste pour rire, probablement.


 

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  Rainmaker (Murray, Harris, Dickinson) Commentaire Paroles

Rainmaker Rainmaker DVD
Crevasses dans le solMusicalement, « Rainmaker » est un excellent morceau, rapide et typique du « style Murray », et qui est également du sur mesure pour un single de Maiden. Bien que les paroles soient quelque peu répétitives, le refrain est vraiment remarquable et vous reste en tête longtemps après avoir écouté la chanson. La partie instrumentale est elle aussi très bonne, avec un brillant solo de Dave Murray, et aurait certainement dû être plus longue. Dans tous les cas, ce morceau est un futur classique.

Le titre « Rainmaker » a déjà été plusieurs fois utilisé, notamment pour le roman écrit par John Grisham en 1995 et adapté au cinéma en 1997 par Francis Ford Coppola [titre français : L'Idéaliste], ainsi que par le groupe allemand Vanden Plas sur l'album The God Thing sorti en 1997. Toutefois, la chanson de Maiden ne fait référence à aucun d'entre eux. Il s'agit en fait une fois encore d'une allégorie de la vie, avec le désert personnifiant notre existence. Lorsqu'il pleut dans les régions désertiques, la végétation apparaît extrêmement rapidement et tout le paysage en est transformé, le rendant plus adapté à la vie telle que nous la connaissons. La pluie métaphorique de la chanson tend probablement à donner cette impression et le message pourrait être que, quand tombe la pluie – donc quand arrive une période de bohneur si l'on suit la métaphore – notre vie change et pour le mieux. Qui est ce personnage qui peut amener la pluie et à qui les paroles semblent reprocher de ne pas le faire ? Cela reste un mystère.

Gouttes de pluie sur une feuillePouvons-nous vraiment faire tomber la pluie et cette pluie vitale peut-elle tomber plus souvent? On peut douter que cette pluie arrose nos vies de son propre chef et cette demande à une autre personne semble futile. Pourquoi compter sur les autres et attendre que des temps meilleurs arrivent d'eux-mêmes alors nous pouvons, de nous-mêmes, prendre les mesures qui nous apporteraient le bonheur ? Les fissures de nos vies, comme celles du sol qui sont refermées par la tombée de la pluie, peuvent-elles être guéries seulement de notre propre fait ? Certains disent que « le temps guérit les blessures », mais le temps lui-même a parfois besoin d'un peu d'aide que nous seuls pouvons apporter. Après tout, nous devrions tous essayer de trouver ce qui peut faire fleurir notre « jardin de vie » personnel et être nos propres « faiseurs de pluie ».

L'Idéaliste
L'Idéaliste [1997]
Jeune et plein d'illusions, Rudy Baylor se lance dans la carrière d'avocat à Memphis, ville regorgeant de confrères plus retors les uns que les autres. Après avoir tenté en vain d'entrer dans un cabinet respectable, il est engagé par le douteux Bruiser Stone, qui lui donne comme mentor Deck Shifflet, un pittoresque « para-avocat » habile à recruter des clients sur le lieu des accidents et jusque dans les chambres des hôpitaux.
Vanden Plas – Site officiel (lien externe)
Vanden Plas – The God Thing [1997]

  1. Fire Blossom
  2. Rainmaker
  3. Garden Of Stones
  4. In You: I Believe
  5. Day I Die
  6. Crown Of Thorns
  7. We're Not God
  8. Salt In My Wounds
  9. You Fly


 

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  No More Lies (Harris) Commentaire Paroles

EP No More Lies
Avec une intro aux accents celtiques, cette chanson rappelle le tout début de « The Clansman ». Le reproche principal que l'on pourrait lui faire concerne le refrain, très répétitif, même s'il semble finalement s'intégrer au reste de la chanson. Après quelques écoutes, il semble évident que la répétition des mots « no more lies – assez de mensonges » est une part inhérente à la chanson et qu'elle se fond assez bien au reste. La partie instrumentale contient d'extrêmement bons solos de guitare, respectivement par Dave, Adrian, puis Janick, et démontre l'excellente utilisation des trois guitares. Le morceau se termine doucement, comme il avait commencé, et laisse l'impression d'encore un autre classique de Maiden, qui deviendra certainement un favori en concert.

Ciel sombreLes paroles relatent les pensées d'un homme qui sait que son heure approche, le ciel qui s'assombrit représentant le début de sa fin. (Steve Harris a mentionné que les paroles comportaient certaines références à la Cène – le dernier repas du Christ dont il est question dans la Bible.) Cependant, ce personnage semble avoir vécu sa vie pleinement et n'exprime aucuns regrets de quitter ce monde. Il est fait allusion à la possibilité de réincarnation (« Maybe I'll be back some other day – Peut-être reviendrai-je un jour »), comme cela arrive fréquemment dans les chansons de Maiden qui parlent de la mort. Le titre « No More Lies » peut lui aussi avoir plusieurs interprétations. L'une d'elle pourrait être que, lorsque la fin est proche, il ne reste plus assez de temps pour se mentir sur sa vie et la façon dont on la voit. Les illusions que nous avons sur notre passé disparaissent simplement et nous sommes confrontés à la vérité, quoique nous ayons fait pour se la cacher auparavant. Mais le titre pourrait aussi représenter l'espoir que, dans une vie prochaine, si elle existe, cette vie ne sera pas faite de mensonges comme la précédente. On efface tout et on recommence, avec honnêteté et vérité – « I'm coming back to try again – Je reviens pour essayer encore ». Si la réincarnation existe (et il n'y a aucune preuve que ce soit le cas), il est peu probable que la vérité prévale dans la nouvelle vie, cela n'ayant jamais été le cas auparavant de toutes façons.

Quand nous réalisons que notre dernière heure est proche, nous avons tous cet espoir insensé et sans fondement que les choses ne s'arrêteront pas là (« don't tell me that this is the end – ne me dis pas que c'est la fin ») et que notre conscience survivra à tout jamais. Tout ce que nous avons vécu et tout le savoir que nous avons accumulé au cours de notre vie serait autrement perdu et nous ne serions alors comme une pièce d'équipement électrique qui aurait servi son temps avant d'être débranchée une dernière fois pour être jetée à la poubelle. Nous préférons tous croire que ce n'est pas le cas et que l'on peut continuer indéfiniment. Il n'y a cependant aucune certitude que ce soit le cas...


 

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  Montségur (Gers, Harris, Dickinson) Commentaire Paroles

Croix CathareBasée sur la véritable histoire des Cathares (Bruce Dickinson avait passé des vacances près de Montségur, dans le sud de la France, et a été tellement fasciné par la légende qu'il en a écrit une chanson), cette chanson commence par une intro qui rappelle un peu celle de « The Fallen Angel :» et celles des meilleurs morceaux de l'album Piece Of Mind. C'est sans aucun doute le morceau le plus heavy de Dance of Death, avec un riff de guitare bien Metal et une énorme ligne de batterie, le tout accompagné de la voix féroce et puissante de Dickinson. Ce qui est assez dommage cependant, c'est que le pré-refrain (la partie qui commence avec « As we kill them all... ») sonne un peu trop léger pour un sujet si sombre et tend à déséquilibrer ce qui aurait pu être, autrement, un très grand morceau.

Chateau de Montségur

La foi cathare arriva comme une souffle d'air frais au sein de cette atmosphère fétide. Ses défenseurs étaient appelés « parfaits » et étaient généralement connus sous le nom collectif de « Bons Hommes ». Pauvres et riches étaient tous enclins à leur offrir l'hospitalité rien que pour écouter leurs enseignements, et de nombreux seigneurs et nobles dames devinrent ouvertement des adeptes de la foi cathare.
Les Cathares étaient une secte chrétienne gnostique qui fit son apparition vers le XIe siècle à la suite de l'émigration d'une petite communauté gnostique européenne vers la région albigeoise, dans le sud de la France. Leur nom dérive, paraît-il, d'un mot grec signifiant « pur », un sentiment très noble qui allait leur causer quelques ennuis.

En 1243–1244, les Cathares – une secte hérétique mystérieuse – furent assiégés à Montségur par des dizaines de milliers de troupes royales catholiques françaises. En mars 1244, le château tomba finalement aux mains des assaillants et les défenseurs Cathares furent brûlés en masse sur un bûcher mis en place au pied du pog.
 
Les Cathares étaient une secte médiévale chrétienne dont l'histoire devint un mythe au cours des siècles. Contrairement au dogme catholique qui établit que Dieu est tout-puissant, ils croyaient qu'il existait deux dieux également puissants – l'un bon et l'autre mauvais. Ils assimilèrent le dieu du mal à celui de l'Ancien Testament, un dieu vengeur et meurtrier, et rejetèrent cette partie des Écritures, d'où la phrase: « The book of Old Testament crippled and black, Satan his weapon is lust – Le livre de l'Ancien Testament tordu et noirci, Satan, son arme est la luxure ». Ils croyaient également que le monde spirituel était bon, par opposition au mauvais monde de la chair (« Living this evil damnation of flesh back to the torture of life – Vivant cette damnation diabolique de la chair, de retour à la torture de la vie ») et la mort était plus une délivrance qu'une punition en ce qui les concernait. De ce fait, le sexe et la grossesse étaient vus comme mauvais, et les enfants n'étaient considérés comme des êtres humains qu'après avoir consciemment accepté leur baptême, longtemps après leur naissance.

Emplacement de MontségurLa hiérarchie cathare comprenait deux grandes castes : les credenti, ou croyants, qui constituaient la majorité de la communauté, et la minorité des perfecti, les Parfaits, qui étaient considérés comme les chefs de file de l'église cathare. Les Parfaits suivaient scrupuleusement la loi cathare d'abstinence sexuelle et de végétarisme (comme ils croyaient que les âmes humaines pouvaient se réincarner dans des animaux, la consommation de viande était interdite – vraisemblablement par peur de commettre le pêché de cannibalisme). Mais, ce qui a réellement perturbé la société du début du XIIIe siècle, et surtout les gouvernements d'Europe de l'Ouest, ce n'était pas leurs croyances manichéennes tranchées ou la façon dont ils avaient choisi de vivre, mais plutôt le fait qu'ils occupaient un vaste territoire à mi-chemin entre les royaumes de France et d'Espagne, et qui n'appartenant à aucun d'eux à cette époque.

Sous prétexte d'une sainte croisade contre les hérétiques, l'Église catholique et le Roi de France décidèrent d'éradiquer les Cathares et lancèrent une campagne contre eux en 1029. Les combats ne furent pas effectifs avant plusieurs années ; en fait les Seigneurs locaux sympathisaient avec les Cathares et les protégeaient des efforts de l'Inquisition pour les détruire. Le coup final fut porté au siège de Montségur, où les Cathares avaient établi le centre de leur communauté. Le siège de 10 mois s'acheva le 16 mars 1244 : les Templiers mercenaires qui servaient la cause des Cathares furent libres de partir, accompagné de ceux qui avaient officiellement renié leur foi cathare. Cependant, plus de 200 Parfaits choisirent de mourir brûlés vifs, plutôt que d'avoir à abjurer leur foi. La phrase : « the Perfect would willingly die at the stake and all of their followers slain – Les Parfaits sont morts volontairement sur le bûcher et tous leur entourage fut massacré » n'est pas entièrement exacte car les disciples furent en fait libérés – une mesure de clémence inhabituelle pour l'époque ! – à condition qu'ils déclarent d'abord solennellement leur allégeance à l'Église catholique devant l'Inquisition.

Les Chevaliers du Temple étaient un ordre monastique de combattants fondé en 1118 afin de protéger les pélerins d'Europe en route pour Jérusalem et la Terre Sainte. Ils avaient fait vœu de pauvreté, ce qui était rare à l'époque pour des chevaliers qui devaient généralement se procurer une monture, une armure et des armes.
Selon la légende, l'Ordre des Chevaliers du Temple fut fondé en 1118 afin de protéger les touristes en route pour Jerusalem où cette petite troupe de moines-soldats avait établi sa maison-mère. Entre-temps, ils se débrouillèrent pour obtenir l'Arche d'Alliance qu'ils mirent soigneusement de côté au cas où.

Bûcher des Parfaits

La Colombe – Emblème CathareL'époque cathare devint populaire et romantique avec le temps, faisant d'eux les premiers Hippies de l'Histoire bien longtemps avant la Flower Generation des années 1960. Ils étaient considérés comme une société permissive et égalitaire car les femmes étaient au même nombre que les hommes au sein des Parfaits. Iron Maiden a peut-être voulu mentionner les Cathares en tant que symbole de liberté et de résistance à l'oppression, comme ils l'avaient déjà brillamment fait avec William Wallace et le combat des Écossais contre les Anglais dans « The Clansman », ce qui est très louable. Malheureusement, il n'en reste pas moins que les Cathares étaient juste une secte qui a finalement été éradiquée par une autre secte plus puissante à l'époque (et encore aujourd'hui) – l'Église catholique – sous un prétexte religieux, alors que les vraies raisons de leur mort relevaient en fait de considérations politiques et territoriales. En effet, nous « brûlons encore des hérétiques sous nos cieux – we are still burning heretics under our skies » (bien que ce soit plus au sens figuré de nos jours), et « la religion brûle toujours à l'intérieur – religion's still burning inside ».

J'ai relu le commentaire de « Montségur » aujourd'hui et j'ai remarqué le dernier paragraphe que tu as écrit, Maverick. Je ne suis pas d'accord avec toi sur ce point. Pour moi, la chanson ne parle pas d'une quête de liberté à la « Clansman », mais plutôt de l'hypocrisie religieuse. Après tout, le Pape parle de lumière et du gentil Christ tout en ordonnant à ses chevaliers d'aller massacrer une secte qui a exercé son droit divin (selon la Bible en tout cas) de faire un choix.

LooseCannon (du forum MaidenFans) – 27 septembre 2003


 

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  Dance Of Death (Gers, Harris) Commentaire Paroles

All had Death in their eyesInspirée à l'origine par le film d'Ingmar Bergman Le Septième Sceau, la chanson démarre de façon à la fois très douce et menaçante avec des paroles nous prévenant d'une horrible histoire à venir, une « histoire à geler les os – a story to chill the bones ». La musique construit lentement un crescendo tandis que l'histoire est se déroule jusqu'à ce qu'une mélodie aux accents celtiques et d'Europe de l'Est commence et que la chanson explose littéralement. La partie instrumentale utilise au mieux les trois guitares et les solos se succèdent, chacun des guitaristes exposant ses talents musicaux personnels. La chanson s'achève encore une fois calmement, les paroles essayant de trouver une fin morale à cette histoire : nous devrions vivre notre vie comme si nous allions chaque jour mourir le lendemain, un sujet qui revient vraiment beaucoup dans les chansons de Maiden ces temps-ci. C'est encore une bonne chanson épique de Maiden, qui bénéficie des talents de compositeurs de Janick Gers, principalement pour l'idée originale, et de Steve Harris pour les paroles.

« Dance Of Death » ne fait pas référence aux danses macabres médiévales, une séries de pièces de théâtre anciennes qui nous sont parvenus par le biais de peintures et de gravures, la plus connue d'entre elles étant celle d'Holbein (1497–1543). Au lieu de cela, l'histoire nous emmène dans le sud profond des États-Unis, où le vaudou est né et continue de se pratiquer régulièrement encore aujourd'hui. L'histoire se déroule dans les Everglades, une zone marécageuse et parc national, situés à l'extrémité sud de la Floride, et donc non loin de l'endroit où Nicko McBrain habite, bien qu'il n'y ait aucune indication que le batteur ait influencé la localisation de l'histoire. Les paroles rappellent celles de « The Number Of The Beast », bien que le personnage de l'histoire participe ici activement à l'horrible cérémonie et qu'il ne soit pas fait mention de Satan (les morts vivants sont peut-être « montés des enfers – ascended from Hell », mais ils sont apparemment sortis sans le patron).

Une mauvaise religion imaginaire, aussi appelée Vaudou. Elle fut inventée pour les films hollywoodiens, avec ses « poupées vaudous », sa violence, ses rituels étranges et tout ce qui s'en suit. Elle n'existe pas en réalité, excepté dans l'esprit des non-pratiquants du véritable vaudou.
La marche sur des charbons ardents est pratiquée depuis des millénaires par diverses peuplades du monde entier. La mention la plus ancienne de cette pratique remonte à un texte écrit vers 1200 av. J.-C. en Inde. Depuis, cette coutume a fait l'objet d'événements organisés dans le cadre de différentes cultures et religions. Bien que ce phénomène soit encore aujourd'hui considéré par certains comme quelque chose de surnaturel, il est relativement bien compris et a été expliqué lors du demi-siècle passé grâce aux lois de la physique.
Marcher sur des braisesLe Vaudou, aussi appelé Vodun, est une religion qui a ses racines millénaires en Afrique et a été exportée aux Amériques par le biais des noirs emmenés par bateau en esclavage. Les rituels vaudous, avec leurs traditions étranges et maléfiques visant à appeler les morts, ont surtout été imaginés par l'industrie du film et Hollywood des années plus tard (tout commença dans les années 1930). Les croyances originelles n'ont rien à voir avec les zombies qui apparaissent à l'écran. Lors des cérémonies (les vraies), de nombreuses danses ont lieu et les participants se mettent en état de transe, comme c'est décrit dans la chanson. En fait, les paroles de la chanson suivent plus les clichés du Vaudou hollywoodien, tel que la plupart d'entre nous le connaissons d'après les films, que la réalité de cette religion, ce qui ne l'empêche cependant pas d'être une « jolie petite histoire » née sous la plume de Steve.

Les paroles concernant le fait de marcher sur des braises sans se brûler peuvent attirer l'attention. On pense que cela fait partie du rituel vaudou, bien qu'il n'y ait à ma connaissance aucune documentation sur ce point particulier. Cette pratique a cependant été rendue populaire auprès d'un large public de nos jours, et des associations comme « The Fire Energy Experience » ou la « National Firewalking Association » ont pour but d'initier le commun des mortels comme vous et moi à cette pratique plutôt inhabituelle. Bien que des études à ce sujet indiquent qu'il n'y a rien de surnaturel là-dedans et que celui qui marche sur les braises n'a pas besoin d'être en transe ou dans aucun autre état mental particulier pour ne pas être blessé par la chaleur, je trouve difficile à comprendre pourquoi quiconque voudrait se livrer à ce genre d'exercice plutôt incongru. Quoi qu'il en soit, cela ajoute une visualisation supplémentaire aux paroles de la chanson et, même s'il ne s'agit que d'une accumulation de clichés cinématographiques, cela fait de « Dance of Death » une petite histoire d'horreur bien sympathique, un peu comme ces vieux films de zombies en noir et blanc totalement désuets qui sont si agréables à regarder à la télé aux alentours de minuit le vendredi ou le samedi soir.

Le Septième Sceau
XIVe siècle, Suède. La grande épidémie de peste ravage le pays. Un chevalier et son écuyer de retour des croisades rencontrent la Mort sur une plage déserte. Le chevalier lui propose une partie d'échecs, espérant y trouver une solution à ses problèmes métaphysiques. Non loin d'eux, une jeune famille de balladins chemine au cœur du pays tourmenté.
Danse macabre
Danse macabre
La Danse macabre est la représentation la plus connue de la mort à la fin du Moyen Âge. Elle représente l'entraînement inexorable de tous les humains, quelle que soit leur position sociale, dans un cortège solidaire vers un destin commun.

Chouette site, il m'a beaucoup aidé à comprendre cet énorme phénomène appelé « Iron Maiden ». Je voulais juste contribuer en apportant quelques observations sur le morceau « Dance of Death » et sa relation avec « Number of the Beast ». Tu as écrit qu'il s'agissait d'une histoire d'horreur se déroulant dans les Everglades, faisant le lien avec le Vaudou (marcher sur les braises) et constituant simplement un épisode analogue aux vieux films de zombies du vendredi soir.

Je trouve ce morceau très fort du point de vue allégorique. Tout d'abord, il a donné son nom à l'album et Maiden n'est pas du genre à écrire de petites histoires macabres pour les foules abruties (ce serait plutôt le genre des Misfits de faire ça). La pochette de l'album rappelle très fortement le film « Eyes Wide Shut », la vision de Kubrick de l'aspect occulte d'une société qui se dit « rationnelle ». Elle évoque également l'histoire d'Edgar Alan Poe intitulé « Le Masque de la Mort Rouge »... Tout n'est qu'une vision sinistre de la vie comme une folle mascarade avec des personnages égarés se cachant derrière des masques et dansant (vivant) jusqu'à ce que la mort les emmène, des individus privés de personnalité propre, perdus, maudits, « montés des enfers ».

Le film de Romero, « La Nuit des morts-vivants » constitue ici un élément important. Bien qu'il s'agisse d'un film à petit budget de 1969, avec son horreur plutôt « kitsch », il contient un message beaucoup plus sérieux – c'est une critique allégorique de la société de consommation américaine en totale décrépitude. Les zombies du films représentent la majeure partie de la population au cerveau lessivé, des créatures sans âme issues de cette société moderne, se déplaçant sans but réel et tentant de rallier les quelques individus conscients à leur cercle de mort.

D'un point de vue religieux, un humain sans âme est considéré comme mort, même s'il est biologiquement vivant. Pour en revenir à la chanson « Dance of Death », j'en conclue qu'il s'agit de l'un de ces individus conscients et « sobres » (« had one drink but no more – J'avais bu un verre mais pas plus », ok... il était peut-être un peu dans le gaz ;) ) qui se retrouve au milieu d'un cercle de vie insensé constitué de personnes à la tête vide – sans pensées, ni créativité, ni imagination, ni âme – de vrais zombies. Ce sont les gens que nous voyons évoluer autour de nous, des robots programmés pour consommer et se heurtant constamment les uns aux autres tout en dansant tous ensemble cette « danse macabre ».

Puis le narrateur réussit à s'échapper du cercle magique, son âme retournant dans son corps. Il arrive à garder sa conscience et que nous dit-il à la fin ?

To this day I guess I'll never know
Just why they let me go
But I'll never go dancing no more
'Til I dance with the dead

   

Même aujourd'hui je crois que je ne saurai jamais
Pourquoi ils m'ont laissé partir
Mais je n'irai plus jamais danser
Jusqu'à ce que je danse avec les morts

Il nous intime de ne pas faire partie de cette mascarade appelée la « vie ordinaire », mais de vivre vraiment en attendant de quitter ce monde et d'aller danser avec de vrais morts !

On trouve de nombreuses similitudes avec « The Number Of The Beast », un morceau qui a ausii donné son titre à un album ! Mais il fut composé en 1982, lors de l'ascension du groupe. La chanson était plus imagée et, à l'écouter, on a vraiment l'impression de participer à un tournoi de Quake III ;) Il était dans l'air du temps à l'époque d'attiser les feux avec de telles paroles et cela n'était pas inhabituel. Le cinéma regorgeait de ce genre de thèmes et les journaux parlaient souvent d'activités satanistes. Et les gens aimaient ça ! Il n'y a qu'à voir le succès de films comme « Rosemary's Baby », « L'Exorciste », « Damien » et plein d'autres.

Ainsi, il ne s'agit pas d'un simple rêve macabre ni d'un scénario pour Vincent Price et Roger Corman. Les paroles tapent au beau milieu de notre réalité ! D'un point de vue biblique, 666 est à la fois un nombre d'homme et le chiffre de la Bête selon les écrits de St. Jean, dictés par Dieu lui-même. Ce que Bruce chante représente l'état actuel du monde et derrière tout ça se trouve le Prince des Ténèbre, le Seigneur des Mouches, le Porteur de Lumière... Quel que soit son nom, «le mal que font les hommes ne meurt jamais ». 6 représente l'Homme, avec ses imperfections charnelles, et fait référence à son instinct animal. 7 est le chiffre que chaque humain devrait essayer d'atteindre, la spiritualité afin de dompter la bête et de se rapprocher de Dieu. À mes yeux, il s'agit simplement d'un rappel et d'un avertissement. Pas de quoi s'en offusquer.

Morceau fantastique, groupe fantastique... Rien n'égale Iron Maiden. Bonne journée.

Ivan Peric (du forum MaidenFans– 15 avril 2006


 

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  Gates Of Tomorrow (Gers, Harris, Dickinson) Commentaire Paroles

Les Parques
Les Parques, divinités maîtresses du sort des hommes, sont l'équivalent romain des Moires grecques.
Ce drôle de petit morceau souffre d'un manque total d'originalité et constitue probablement la chanson la plus « faiblarde » de l'album Dance of Death. Dans la première partie, Bruce Dickinson adopte une fois de plus cette façon de chanter dure et grinçante qui caractérisait la période de déclin d'Iron Maiden lors de la sortie de No Prayer For The Dying et de Fear Of The Dark. Le riff principal ne montre aucune réelle créativité et les solos de Janick sont absolument horribles, donnant l'impression qu'il essaie maladroitement d'empiler autant de notes que possible en un minimum de temps. « Gates Of Tomorrow » donne en fait l'impression d'un morceau de face B et semble avoir été intégré dans l'album comme bouche-trou.

ClothoLachesisAtropos
Images reproduites sans permission et tirées du site Web de l'artiste canadienne Janet Stahle-Fraser
Les paroles ne sont pas vraiment très claires et semblent faire allusion à une entité surnaturelle dont le but principal serait de tromper les humains peu soupçonneux et de les détourner du droit chemin. D'un autre côté, ce personnage est paradoxalement tout à fait prêt à délivrer les âmes emprisonnées en coupant les liens de la toile et en leur montrant ensuite quel futur leur est réservé. En écoutant les paroles, je ne peux m'empêcher de penser aux Parques, ces anciennes divinités grecques (également appelées Moires) qui, selon la mythologie, régissaient les vies des mortels. Elles étaient au nombre de trois : Clotho, qui élaborait les fils de la vie, Lachesis, qui les tissait, décidant ainsi du sort des hommes, et Atropos, qui coupait ces fils au hasard, constituant ainsi l'une des premières représentations de la Mort. La chanson fait peut-être référence aux humains « piégés dans la toile – trapped in the web » de la vie, dont il n'y a aucune issue possible, si ce n'est la mort.

Une autre explication – que de nombreux fans trouvent plausible – est que la chanson fait référence à l'Internet, donc le Web (la Toile). Il y a eu de nombreuses controverses à propos de la diffusion de fichier musicaux par le biais du World Wide Web et Iron Maiden a apparemment essayé d'empêcher la copie de sa musique avant la sortie officielle de l'album Dance of Death... et cela a sacrément bien marché. En outre, ils semblent avoir contrecarré toutes tentatives pour dévoiler les mystères du nouvel album – dont l'illustration de la pochette – par Internet et semblent s'être bien amusé ce faisant. Pensez seulement à toutes les disputes qui ont entouré la sortie de l'illustration officielle de la pochette, et le fait que de si nombreux fans pensaient qu'il s'agissait d'une farce et non de la vraie pochette. Iron Maiden a-t-il pu « couper les fils – cut the threads » – du World Wide Web ? Cela semble peu probable, mais si cet instrument est supposé être les « Portes de demain – Gates Of Tomorrow », le futur apparaît d'un côté très lumineux, puisque l'Internet est la plus grande encyclopédie en existence si l'on sait comment l'utiliser correctement, ou, de l'autre, plutôt sinistre, car les abus du système et les longues heures passées seul devant son écran d'ordinateur annoncent de façon alarmante une lente mais inévitable déshumanisation des utilisateurs.

Je pense que le commentaire se trompe pour cette chanson. Je crois que c'est une discussion plus générale concernant les périls de faire confiance à la religion comme guide dans la vie. Le moment où la chanson annonce de quoi il s'agit correspond à la phrase « There isn't a god to save you if you don't save yourself – Il n'y a pas de dieu pour vous sauver si vous ne vous sauvez pas vous-mêmes ». Le narrateur cherche à déstabiliser la puissance de la religion qui « tromp[e] vos yeux et retard[e] vos aspirations – deceive our eyes and delay our goals ». C'est de cela qu'il s'agit quand on parle de couper les fils...

zgodt (du forum MaidenFans) – 9 février 2004


 

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  New Frontier (McBrain, Smith, Dickinson) Commentaire Paroles

Au bout de 20 ans dans le groupe, il fallait bien que cela arrive : Nicko McBrain a finalement composé un morceau pour un album d'Iron Maiden. Il a écrit les bases et la ligne de basse, et le résultat musical est tout à fait correct pour une première chanson. C'est une mélodie rapide typique de Maiden, principalement sauvée par deux excellents solos d'Adrian Smith et Dave Murray, bien que, comme pour « Gates Of Tomorrow », on ait l'impression d'une chanson inachevée qui aurait dû finir sur la face B d'un single. Cependant, il serait injuste de décourager Nicko, et j'espère qu'il écrira d'autres morceaux à l'avenir.

Cependant, les paroles sont, selon moi, le gros point faible de « New Frontier ». Non seulement il s'agit d'un baratin religieux idiot et superficiel (comme tout ce qui concerne la religion), mais elles sont également plutôt injurieuse à l'égard de la communauté scientifique et, en tant que biologiste, je dois dire qu'elles sont absolument consternantes. C'est le genre de pamphlet qui mène au meurtre des médecins pratiquant l'avortement aux États-Unis, et qui pourrait inciter les extrémistes religieux, dont l'absence de toute réflexion n'est plus à démontrer, à faire de même à l'encontre de tous les scientifiques travaillant sur le vivant. Une bien sinistre perspective !

Watson et Crick montrant leur modèle de l'ADNL'histoire est celle d'un savant fou qui, comme le Docteur Frankenstein de Mary Shelley, outrepasse les limites de l'éthique scientifique et clone un être humain. Le clonage est une pratique totalement normale et habituelle utilisée en biologie moléculaire par la plupart des scientifiques, et qui consiste tout simplement à introduire une séquence ADN (acide désoxyribonucléique) étrangère dans une cellule donnée pour diverses raisons, que ce soit dans le contexte de la recherche fondamentale ou celui de la recherche en génétique appliquée. De façon absolument désolante, le terme « clonage » pris a une signification différente pour les non-scientifiques et est souvent associée, grâce à l'information parfois douteuse fournie par les médias, aux horribles expériences génétiques qui ont donné naissance à des monstres dans les films de série B. Cela a soulevé de nombreuses questions auxquelles on peut facilement répondre. Le clonage est en fait un instrument très puissant – LA merveille du 20e siècle, qui a fait suite aux travaux de James Watson et Francis Crick qui ont élucidé la structure de l'ADN – et qui a été utilisé pour le bénéfice de l'espèce humaine – et non contre elle, comme certains osent le prétendent – comme par exemple l'insuline recombinante pour les diabétiques ou les cultures transgéniques résistantes aux pesticides qui améliorent les rendements des récoltes. Après tout, les manipulations génétiques ne sont pas une nouveauté et les humains les ont expérimenté depuis déjà de nombreuses années. Certaines espèces de roses ou de blé, par exemple, ne poussent pas naturellement dans la nature, mais ont été patiemment sélectionnées par l'Homme et sont en fait le résultat de croisements que la biologie moléculaire, si elle avait existé à cette époque, aurait accéléré de façon tout à fait significative.

Représentation artistique de l'ADNSi l'on admet que les barrières éthiques peuvent être franchies et que l'humain puisse être cloné légalement, cela ne signifie pas pour autant que les individus qui en résulteraient seraient des monstres. Ainsi, la phrase « créer une bête, fabriquer un homme sans âme – create a beast, made a man wthout a soul » est une massive connerie sans fondement, étant donné que, si l'évidence de la conscience de l'Homme et d'autres animaux est établie, il n'y a à ce jour aucune preuve de ce que peut bien être l'âme, si tant est qu'elle existe (ce qui est plus que douteux). De plus, les phrases « Maudit par l'Ange déchu, qui me sauvera de l'Enfer ? Et qui est mon dieu ? Et où est mon âme ? – Cursed by the Angel Who Fell, who saves me from Hell ? And who is my god ? And where is my soul ? » ne sont qu'un ramassis de bondieuseries affligeantes. Un individu cloné serait-il condamné aux enfers – à condition qu'un tel lieu existe – et se demanderait-il quel dieu il doit adorer (comme si l'adoration d'un être imaginaire était nécessaire à la vie !) ? Soyons un peu réaliste. Un humain cloné serait un humain comme les autres, avec les mêmes spécificités mentales qui font de lui un être pensant indépendamment, avant que des zélotes religieux d'une confession ou d'une autre essaient de lui imposer la peur en leur dieu ridicule et fictif. Rappelons-nous que, selon la légende judéo-chrétienne, l'Ange déchu, c'est-à-dire Satan, a été expulsé du Paradis divin pour avoir été celui qui a donné aux humains la connaissance qu'ils recherchent naturellement – ce qui se rapproche du mythe grec de Prométhée qui fut puni par Zeus pour avoir donné le feu aux humains, leur conférant ainsi un avantage sur les autres espèces animales. Les scientifiques seraient-ils des adorateurs du Malin ? Si ce n'est pas le cas, ils devraient l'être, puisque Satan – qui n'existe pas plus que Dieu n'existe – est censé nous avoir donné cette soif de connaissances afin d'améliorer la condition de l'espèce humaine. Ce serait de toute manière bien mieux que d'adorer un dieu qui nous traite comme des moutons. « Le Seigneur est mon berger », hein ? Très peu pour moi !

Les bigots ont essayé à travers les âges de gêner l'avancée de la science qui ne visait qu'à améliorer nos conditions de vie. Ainsi, par exemple, Galilée fut menacé d'être brûlé vif pour avoir dit que la Terre était une sphère qui tournait ; de même, Darwin fut ridiculisé pour sa thèse sur l'évolution des espèces ; enfin, les biologistes de l'époque moderne luttent souvent pour mener à bien leur travail contre une mer de haine de la part de la part de grenouilles de bénitier. Ils pensent que les scientifiques « jouent à Dieu sans pitié et sans peur – play God without mercy and without fear », alors que ces derniers essaient simplement d'améliorer les choses (après tout c'est plutôt Dieu qui est celui sans peur et sans pitié, il n'y a qu'à lire ou relire la Bible, avec son cortège de meurtres et de destruction, pour s'en rendre compte). Personnellement, je ne crois pas au diable, tout comme j'ai de sérieux doutes sur l'existence d'un dieu quel qu'il soit, mais j'aimerais laisser le soin à un de mes vieux ami de conclure avec ses propres mots – des mots qui se trouvent aussi sur la page de garde de ma thèse de doctorat – et qui résument ce que je penserais si j'étais d'une quelconque façon enclin à croire aux légendes ridicules avec lesquelles les trois grandes religions monothéistes de la planète nous bassinent :

Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l'Enfer où, vaincu, tu rêves en silence!
Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science,
Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront!

Charles Baudelaire (1821–1867)


 

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  Paschendale (Smith, Harris) Commentaire Paroles

Soldat canadien allumant la cigarette d'un prisonnier allemand – Passchendaele, Novembre 1917La première chose qu'on entend dans la chanson, ce sont les coups rythmés de Nicko sur le charleston, à la façon du code morse, cette vieille méthode de communication consistant en l'émission de signaux courts et longs, et qui a été largement utilisée durant la première guerre mondiale. Puis l'intro commence sérieusement, alternant les mélodies douces et des moments plus intenses, réminiscence de ces courts répits entre deux périodes de bombardements massifs qui ont eu lieu durant la guerre des tranchées. La scène est rapidement mise en place et la musique de Maiden retranscrit une fois de plus les visions de guerre et d'assauts, comme c'était déjà le cas dans des chansons comme « The Trooper », par exemple. Seulement, au lieu de chevaux chargeant les lignes ennemies, il s'agit ici d'une histoire remplie de boue, de morts atroces et d'horreurs absolues comme seule la Grande Guerre a pu en montrer dans l'Histoire récente. C'est également probablement la chanson de Maiden la plus poignante, dépeignant par des images impressionnantes ce que pouvaient être les conditions de vie – et de mort – sur le front à cette époque. La fin de la chanson est douce, contenant des vers qui attestent de l'absence de haine entre les deux camps, puisque de chaque côté de la ligne de front se trouvaient des hommes ordinaires jetés dans la boucherie par leurs chefs irraisonnés respectifs et que chacun souffrait de la même manière. C'est une chanson épique fantastique qui est destinée à devenir un grand classique.

« Paschendale » nous parle des horreurs de la première guerre mondiale au travers de l'exemple d'une bataille qui a eu lieu en Belgique, mais l'histoire aurait pu se passer sur n'importe quel champs de bataille de cette époque. Ici, un nouvel éclairage est jeté sur l'atrocité de la guerre ; celle-ci (comme la deuxième guerre mondiale) a essentiellement été menée par les conscrits qui ont été entraînés dans ce terrible cauchemar, à l'opposé de conflits plus récents comme la guerre du Golfe – décrite par Iron Maiden dans « Afraid To Shoot Strangers » – conflit qui fut mené par des soldats professionnels dont le travail est de guarantir la paix d'après le fameux proverbe latin « si vis pacem para bellum » (si tu veux la paix, prépare la guerre).

Brancardiers de la 2e Division canadienne – Passchendaele

Lors de ce massacre terrible et dénué de sens que fut la première guerre mondiale, également appelée la « Grande Guerre » ou parfois intitulée avec une ironie non intentionnelle « la der des ders", la troisième bataille d'Ypres – connue également sous le nom de bataille de Passchendaele, d'après le nom du village qui était l'objectif principal des troupes Alliées – est un symbole des pertes inutiles et massives et de l'horreur de la guerre. Durant cette période, du 31 juillet au 12 novembre 1917, au total, plus d'un demi-million de soldats (300 000 Britanniques, dont 38 000 ANZAC et 16 000 Canadiens, et 250 000 Allemands) furent tués pour le gain de quelques mètres sur les lignes ennemies. Bien que l'offensive ait été conduite par les troupes britanniques sous le commandement d'un général britannique – Sir Douglas Haig, alors commandant en chef de la Force Expéditionnaire Britannique (BEF – British Expeditionary Force) en France et en Belgique – les troupes étaient aussi largement composées de soldats canadiens et de l'ANZAC (Corps d'armée australien et néo-zélandais – Australian and New Zealand Army Corps), ce qui explique que ces pays aient plus que d'autres encore de nos jours en mémoire le nom de Passchendaele.

Haig a été abondamment critiqué, notamment par le Premier ministre britannique de l'époque, David Lloyd George, pour la façon dont il a mené les campagnes qui lui avaient été assignées, c'est-à-dire la bataille de la Somme en 1916 et celle de Passchendaele en 1917. À sa décharge, il est bien connu que les Français avait largement fait pression sur lui pour qu'il les aide à alléger l'épreuve que représentait l'offensive de Verdun plus au sud, en détournant l'attention de la machine de guerre allemande loin d'une zone où les troupes françaises connaissaient de terribles difficultés (qui d'ailleurs amenèrent la même année à des mutineries dans les rangs de l'armée française). Cependant, Haig semble également avoir été un personnage incroyablement arrogant et buté qui ne tenait aucun compte de la vie humaine (comme beaucoup de généraux de cette époque, quelle que soit leur nationalité). Il ne prêta même pas attention aux recommandations du général commandant la région d'Ypres, Sir Hubert Gough, d'arrêter la bataille à cause des conditions de fortes pluies qui rendait le champ de bataille incroyablement boueux et complètement impraticable. Les ordres furent simplement d'avancer, coûte que coûte.

Troupes canadiennes de la 4e Division dans la boue à Passchendaele, 14 novembre 1917 – National Library of Scotland, Covenants with Death (1934) R.33.a

Journal de l'époque 'Le Miroir' – 18 novembre 1917La région des Flandres, en Belgique, est réputée pour ses fortes pluies et pour l'imprévisibilité de sa météorologie, particulièrement à l'automne. De plus, les champs de cette région, d'anciens marais, disposaient d'un système de drainage complexe, établi par les populations locales au XIXe siècle. Au cours de l'offensive, les bombardements des deux camps recréèrent une vaste zone marécageuse où pas le moindre gravier ne subsistait pour endiguer l'inondation du champ de bataille. En outre, les pluies de 1917 furent les plus importantes enregistrées pour la région en soixante-quinze ans. La boue montait jusqu'aux genoux et parfois même jusqu'à la taille et de nombreux soldats, blessés ou simplement épuisés, affaiblis par le combat, la maladie et le manque de nourriture, s'y noyèrent. Beaucoup disparurent sans laisser de trace. Des corps de soldats inconnus ont été et sont encore régulièrement découverts dans la région (certains même en 2003 !). Près de 42 000 soldats des troupes alliées furent portés disparus au combat, leurs corps n'ayant jamais été retrouvés.

Les Australiens et les Néo-Zélandais furent envoyés sans répit à l'abattoir par Haig « le boucher", qui voulait toujours maintenir la pression malgré la pluie constante et les pertes horrifiantes dues à l'efficacité mortelle de la stratégie allemande. Les ANZAC combattirent bravement lors de ces semaines rythmées par des avances constantes suivies de retraites forcées. Ils prirent finalement le village de Passchendaele, mais seulement pour se retrouver alors seuls face au feu allemand, les troupes britanniques étant dans l'impossibilité de leur apporter l'appui qui leur était nécessaire. Haig, retirant les ANZAC de la bataille, envoya les Canadiens, qui, par la voix de leur commandant le Général Currie, refusèrent de monter au combat tant que le temps ne se serait pas amélioré et que la logistique adéquate ne serait pas disponible. Les Canadiens finirent par prendre le village – ou plutôt ce qu'il en restait – et la bataille s'acheva enfin.

Dans la chanson, les vers « German war propaganda machine/Such before has never been seen – La machine de propagande de guerre allemande/telle qu'on n'en avait encore jamais vu » est quelque peu étrange car l'Allemagne n'était pas le seul pays à avoir une propagande intensive lors du conflit. Cependant, c'était la première fois dans l'Histoire qu'elle était utilisée à un tel degré de chaque côté de la ligne de front. Toutes les nations engagées dans la guerre avaient toute sorte d'affiches appelant au soutien de la guerre (l'argent est en effet le nerf de la guerre) ou à l'enrôlement des jeunes hommes dans les armées de leur pays respectifs participer à la boucherie.

Affiche de propagande allemande Affiche de propagande française Affiche de propagande canadienne
Affiche de propagande britannique Affiche de propagande australienne

A l'origine, le but de la prise de Passchendaele était de faire une brèche dans les lignes ennemies, afin de pouvoir atteindre les ports de la mer du Nord et ainsi prévenir des attaques de la part de la Kriegsmarine (la marine de guerre allemande), dont les sous-marins représentaient un véritable fléau pour les navires Alliés. Avant même la fin de la bataille, les plans avaient changé et les ports n'étaient plus des objectifs principaux. Mais Haig avait décidé de prendre Passchendaele et c'est exactement ce qu'il fit. Mais à quel prix !

Cette bataille reste dans l'Histoire comme l'exemple flagrant de la cruauté et de l'inutilité de la guerre. Un tribut sanglant aux démons qui peuvent submerger le cœur humain, ainsi qu'un hommage à la bravoure de ces hommes qui se sont surpassés face à l'horreur absolue. Tout cela est bien résumé dans la courte poésie de Siegfried Sassoon (1886–1967), un écrivain qui se battit lors de la Grande Guerre et devint célèbre pour ses déclarations anti-guerre, résultant de la façon dont des généraux sans cervelle envoyaient sans pitié des hommes à l'abattoir, et qui écrivit dans son poème intitulé Memorial Tablet :

...I died in Hell
(they called it Passchendaele) my wound was slight
And I was hobbling back; and then a shell
Burst slick upon the duckboards; so I fell
Into the bottomless mud, and lost the light

...Je suis mort en enfer
(On l'appelait Passchendaele); ma blessure était légère
Et je rentrais en clopinant ; c'est alors qu'un obus
A explosé sur les caillebotis ; je suis tombé
Dans la boue profonde et les ténèbres m'ont englouti

Cimetière militaire de Tynecot, près de Passchendaele

Pour plus d'informations sur la première guerre mondiale, voir les sites grande-guerre.org ou La Grande Guerre.


 

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  Face In The Sand (Smith, Harris, Dickinson) Commentaire Paroles

Face in the Sand« Face in the Sand » est encore une réflexion sur l'état du monde et la façon dont les gens réagissent aux horreurs qui se produisent au quotidien. L'intro est un long morceau instrumental avec quelques accents celtiques qui monte ensuite en un magnifique crescendo avec Nicko utilisant une double pédale pour la première fois sur un enregistrement d'Iron Maiden. Bien qu'il ait admis lui-même qu'il avait beaucoup souffert en jouant cette chanson et qu'il serait plutôt content de ne pas à avoir à la jouer live, ce serait dommage car ce serait un grand moment en concert. Les synthés sont mis en avant de façon brillante et créent une atmosphère particulière qui est vraiment agréable. C'est un morceau puissant, qui arrive à transmettre beaucoup d'émotions et dont l'intro instrumentale pourrait très bien convenir à la fin de « Paschendale ».

Les paroles, tout comme celles de « Brave New World », semblent traiter de l'état d'esprit général du monde occidental dont les populations sont devenues dépendantes des journaux pré-digérés et parfois tendancieux. « Everyone's waiting for something to happen/Everybody's waiting for something to see – Tout le monde attend que quelque chose arrive/Tout le monde attend quelque chose à voir » atteste d'une vie d'ennui et de passivité, juste nourrie des désastres retransmis par l'écran de télé (« regardant la mort d'en haut – looking at death from the sky » est probablement une allusion à la télévision par satellite). Même les « fous attendent de plus grands désastres » (« lunatics... waiting for bigger disasters ») qu'ils manigancent parfois eux-mêmes. Cela peut-il être une référence aux attentats de New York et de Washington du 11 septembre 2001 ? C'est possible, bien que le principal suspect de ces attentats – Oussama Ben Laden – semble plus être un meurtrier de masse calculateur qu'un fou ; un homme motivé par la haine, mais en aucun cas un malade mental.

Everyone's waiting for news on TVMais personne ne retient les leçons du passé et notre civilisation est caractérisée par sa courte mémoire, puisque « tout le monde regarde, mais personne n'écoute – Everyone is looking but no one's listening ». L'intérêt des gens n'est tout simplement que de la curiosité déplacée, à l'instar de ces tristes individus qui ralentissent sur l'autoroute pour mieux regarder un accident dans l'espoir malsain qu'ils verront un corps sanguinolant ou deux. En outre, « tout le monde recherche le pourquoi – Everyone's looking for the reason why », comme s'ils n'arrivaient pas à vraiment comprendre ce qu'ils voient, comme cela a été le cas lorsque les attentats terroristes se sont produits sur le territoire américain. Le monde entier était sous le choc et ne pouvait comprendre pourquoi quiconque pouvait planifier et réaliser une telle horreur. Beaucoup ont déclaré que cela ne pouvait être que l'œuvre d'un « fou ». La réelle question, cependant, aurait dû être « comment se fait-il que des gens nous haïssent au point d'aller si loin dans l'horreur et d'essayer de nous anéantir ? ». Et en effet, pourquoi le gentil et courageux monde occidental serait-il la cible de telles attaques ? Cela demande réflexion.

Everyone's nightmares are going to happenLa seule chose qui nous reste à faire, selon la chanson, est d'attendre et de voir. Prier pour une réponse et l'arrêt de tous ces désastres et de ces guerres ne servirait pas à grand-chose. Cela montre tout de même qu'un pas est fait dans la bonne direction, sous la forme d'une attitude positive et de l'espoir que les catastrophes cesseront. Elles continueront probablement jusqu'à la fin des temps, quand il ne restera plus personne pour poursuivre le conflit et n'infliger que misère au monde. « Mais la fin ne vint jamais et nous creusons les tombes/Et nous chargeons les armes pour la boucherie – But the end never came and we're digging the graves/And we're loading the guns for the kill ». Iron Maiden nous raconte que les « signes de la fin des temps – signs of the end of time » sont déjà visibles aux yeux de ceux qui savent regarder. Peuvent-ils avoir raison ? Il ne reste qu'à attendre et voir...

Notons que, bien que Bruce ait expliqué de quoi parlait la chanson, il ne nous a pas vraiment éclairé sur le pourquoi du titre, « Face In The Sand » (« La tête dans le sable »). J'ai bien aimé ce que Megan (du forum officiel) a écrit à ce sujet et qui s'écarte de l'explication habituelle (et à mon avis incorrecte) que ce titre vient de l'expression « s'enfouir la tête dans le sable », faisant référence à ceux qui croient que si l'on ignore un problème, celui-ci disparaîtra de lui-même.

Megan propose que le titre vient peut-être du « visage » que l'on peut voir à la surface de Mars, symbolisant le fait que notre planète risque de se retrouver inhabité et « morte » tout comme Mars.

Une autre explication intéressante vue sur le forum officiel est que le titre a été inspiré par le film La planète des singes (la première version), dans lequel on peut voir la Statue de la Liberté enfouie dans le sable et ne montrant plus que son visage, ce qui symbolise la destruction de la civilisation telle que nous la connaissons. D'ailleurs, ce film est l'un des préférés de Bruce, ce qui rend cette explication tout à fait plausible.

Gor (du forum MaidenFans) – 15 mai 2004


 

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  Age Of Innocence (Murray, Harris) Commentaire Paroles

Cette chanson est la réponse de Steve au scandale de la situation actuelle au Royaume-Uni (et probablement ailleurs), où les chiffres officiels de la criminalité sont supposés régresser par rapport à ceux du siècle dernier, bien que des études indépendantes montrent le contraire. Les compte-rendus indiquent que, tandis que la petite criminalité moyenne décline, en revanche la violence criminelle est, elle, en augmentation. Enfin, ce qui est pire, l'Angleterre et le Pays de Galles font parties des zones au taux de criminalité le plus élevé selon une étude couvrant 17 pays industrialisés du monde, dont les États-Unis, un pays qui a pourtant habituellement une mauvaise réputation en ce domaine.

Une importante controverse a eu lieu au sujet des paroles de cette chanson, les discussions ont été particulièrement vives, même sur le forum du site officiel d'Iron Maiden. Le groupe a été accusé de servir des « absurdités de presse à scandale Tory » (la « droite » britannique). Mais l'indignation d'une personne à l'égard de l'état de son pays est-elle si honteuse ? Les temps ont changé et il y a ici une nostalgie pour le soi-disant « bon vieux temps », qui était – selon Maiden – l'« âge de l'innocence ». Gardons à l'esprit, cependant, que Steve Harris et Dave Murray, pour ne nommer que ces deux-là, ont grandi dans une zone plutôt dure, où la mafia de l'East End, une institution criminelle organisée conduite par les tristement célèbres frères Kray, était très active et préparait quelques mauvais coups. Peut-on dire que les temps étaient plus sûr qu'aujourd'hui ? On peut en douter, bien qu'il y ait eu à cette époque une sorte de code d'honneur parmi ces organisations et qu'elles ne s'attaquaient que rarement – voire jamais – aveuglément à des innocents.

Dans la société actuelle, le crime est devenu presque exclusivement une sorte d'"impulsion du moment » et n'importe qui peut en être la victime, si tant est que le criminel potentiel saisisse l'opportunité. Les personnes âgées ainsi que les plus jeunes courent constamment le risque d'être agressés, « même dans [leur] propre maison – even in [their] own home ». De nos jours, le crime opportuniste est certainement le plus répandu et le plus dangereux, car les agresseurs n'ont aucun plan précis en tête et agressent simplement violemment leurs victimes. La plupart sont jeunes et leur immaturité les amène souvent à paniquer et à devenir ainsi extrêmement violent.

Le cas de Tony Martin m'est venu à l'esprit en écoutant les paroles de la chanson, notamment avec les vers énonçant que personne n'était en sécurité, pas même à son propre domicile, et que le « système judiciaire les laissait faire – judicial system lets them do it ». Tony Martin, un agriculteur du Norfolk, a été poursuivi en justice pour avoir tué un jeune de 16 ans et en avoir blessé un autre avec une arme à feu en août 1999, alors que les deux adolescents étaient en train de le cambrioler. Pour reprendre les termes du Guardian – un journal britannique indépendant et plutôt impartial – « [Tony Martin] a été décrit comme un homme ordinaire qui, harcelé par des cambrioleurs et laissé en plan par la police, s'est vengé mais est maintenant persécuté pour ses actions", mais il a aussi « toujours été une sorte de héros bizarre [qui] se considérait lui-même – et peu de personnes le contredisait – comme un "excentrique" qui préférait la compagnie de trois rottweilers avec qui il vivait dans sa ferme à l'abandon, Bleak House ». Certains voient en Martin une victime qui a subit plusieurs cambriolages et qui, devant le manque de réponse de la loi, a décidé de se faire justice lui-même et de défendre son bien. Des associations de soutien ont même été créées pour demander qu'il sorte de prison et que des lois plus dures permettent à chaque citoyen de se défendre lui-même comme il l'entend. D'un autre côté, Martin est aussi présenté comme un solitaire étrange dont la misanthropie l'a amené à vivre en reclus dans une ferme totalement piégée et gardée par trois rottweilers. On est allé jusqu'à l'accuser d'avoir tendu un piège aux deux garçons et à dire que ses actions n'étaient pas celles d'une personne âgée paniquée, mais celles d'un homme mentalement perturbé dont la haine l'avait amené au meurtre.

Quoi qu'il en soit, et qui que soit Martin, peux-t-on se saisir de la loi et punir si sévèrement ceux qui ne sont pas correctement pénalisé par la justice ? Je ne pense pas nécessairement qu'« une vie de menus larcins est punie par des vacances – a life of petty crime gets punished with a holiday », bien qu'il soit dommage de constater que la justice est parfois lente et que certains « agresseurs savent bien jusqu'où ils peuvent aller – Assailants know just how much further they can go ». Le système judiciaire dans son ensemble aurait besoin d'un nettoyage et d'une révision afin de satisfaire les demandes de compensation des victimes pour leurs épreuves. Certains crimes sont punis, d'autres non, et c'est cette dernière catégorie qui est intolérable et pousse parfois des citoyens, au demeurant respectueux de la loi, à des actions illégales. D'un autre côté, de mauvaises condamnations ou des condamnations trop rudes rendent les choses encore pires. Certains jeunes qui auraient pu être tout à fait respectables peuvent devenir des criminels endurcis après avoir servi une peine de prison pour de menus délits. Parfois, le remède est pire que le mal.

La répression est une chose, l'éducation en est une autre. Ces soi-disants crimes insignifiants ne se produiraient pas si les gens étaient éduqués dans le respect les uns des autres, ainsi que de la propriété d'autrui. Alors que la société dans son ensemble semble de nos jours assistée par de « hautes instances » mal définies qui lui fournissent un accès facile à une information pré-digérée, de la nourriture pré-mâchée et ainsi de suite, certains prennent les chemins faciles et volent ce qu'ils voudraient avoir mais qu'ils sont trop paresseux pour obtenir par le travail (ou détruisent purement et simplement s'ils ne peuvent pas le voler: « Si je ne peux pas l'avoir, personne d'autre ne l'aura »). C'est une mentalité pitoyable, soutenue par un manque de guidance adéquat, qui mène à la civilisation de fauche, viols et cambriolages dans laquelle nous vivons actuellement. Cet état de la société ne changera pas tant que les gens n'apprendront pas à se respecter les uns les autres et ne reconnaîtront pas que le travail, aussi dur soit-il parfois, est fréquemment récompensé par la possibilité de finalement posséder ce que l'on désire. Je ne crois pas qu'il y ait une plus grande satisfaction à voler quelque chose qu'à le gagner par son labeur.

Musicalement, « Age Of Innocence » est un très bon morceau qui commence doucement pour exploser en un riff fantastique et un rythme soutenu. La partie instrumentale présente Maiden à son meilleur niveau, suivie d'un brillant solo de Dave Murray. La partie rap (« You can't protect yourselves... ») est au premier abord un peu surprenante et inhabituelle pour une chanson de Maiden, mais après quelques écoutes on réalise que c'est une partie intégrante de la chanson, et que cela se fond plutôt bien avec l'« âge de l'innocence » qui – quoiqu'il soit – « s'estompe comme un vieux rêve – is fading like an old dream ».

Ce morceau me semble très manichéen.

Pour les paroles, c'est une question de goût. Des vers comme « And all the politicians and their hollow promises – Et tous les politiciens avec leurs vaines promesse » sonnent plutôt simplistes à mon oreille.
Bien que je sois d'accord avec ce que cette phrase tente d'exprimer, il me semble qu'elle a trop souvent été répété à mon goût. C'est devenu une phrase standard, aussi creuse et insensée que ce qu'elle essaie de critiquer.

Il y en a quelques-unes comme ça et il me semble parfois que les paroles sont aussi vaines et superficielles qu'une discussion politique au comptoir du bar du coin. Je suis très déçu parce que je suis normalement habitué à des paroles profondes, réfléchies et censées de la part de Maiden.

Perun (du forum MaidenFans) – 9 août 2004


 

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  Journeyman (Smith, Harris, Dickinson) Commentaire Paroles

« Journeyman » est le morceau acoustique de Maiden qu'on attendait depuis si longtemps. Il a été comparé à « Prodigal Son», mais, s'ils sont relativement similaires, « Prodigal Son » contient des éléments non acoustiques, ce qui n'est pas le cas de « Journeyman ». Les morceaux acoustiques ne sont pas la spécialité de Maiden ; mais quand les membres du groupe en composent un, ils le font vraiment bien et le résultat donne une mélodie inhabituelle, mais totalement typique du style de Maiden et de très grande envergure.

Il y a peu à dire sur cette chanson, si ce n'est que c'est un morceau brillant et qu'il est probablement – avec « Paschendale », bien que pour des raisons différentes – le meilleur de l'album Dance of Death. Les paroles n'ont aucun lien apparent avec le roman d'Orson Scott Card du même nom (traduit en français par Le Compagnon). La traduction des paroles utilise le terme « voyageur », mais il est clair qu'il s'agit d'un compagnon comme il y en avait autrefois – et après tout, un compagnon est bien aussi un voyageur. Un Compagnon est quelqu'un qui a acquis certaines compétences dans un domaine professionnel précis et qui part sur les routes pendant quelques années afin de les mettre en pratique et les affiner pour finalement s'installer à son compte en tant que Maître artisan. De nos jours, les Compagnons obtiennent même un certificat qui indique que le possesseur a atteint un certain niveau de compétence dans son domaine et appris toutes les ficelles de son métier.

Le Compagnon, dans cette chanson, ne semble pas être spécialisé dans un domaine d'artisanat particulier mis à part peut-être celui de la Vie, qu'il a exercé à peu près partout dans le monde: « Du ciel rougeoyant à l'Est jusqu'au couchant à l'Ouest – From the red sky of the East to the sunset in the West ». Les paroles sous-entendent que nous sommes tous de fait des Compagnons de la Vie, mais que nous ne devenons jamais des Maîtres de l'Art. L'aspect philosophique des paroles montre que, bien que « Nous ayons trompé la Mort – We have cheated Death » – et en effet, notre durée de vie a largement augmenté ces dernières années – « Elle nous a [aussi] trompés – He has [also] cheated us » dans la mesure où, même si elle est plus longue, toute vie s'achève inévitablement un jour. Quoi que nous ayons entrepris dans notre vie n'est qu'un rêve (l'« étrange illusion » dont il est fait référence dans « Hallowed Be Thy Name »). La vie n'est faite que des souvenirs de nos actions, bonnes ou mauvaises, et nos accomplissements ne sont rien que des « ombres créées de nos mains – shadows we made with our hands » aux yeux du Grand Niveleur.

Il s'agit en fait d'une chanson dont le thème est l'espoir, nous incitant à nous « tourner vers la lumière – turn to the light » qui brille dans les ténèbres de nos vies, au lieu de choisir la désolation (un vers qui semble être à nouveau chuchoté par Bruce durant la pause instrumentale douce). C'est notre choix individuel que personne ne peut nous enlever. En tant que Compagnons, nous pouvons exercer notre « commerce » du mieux que nous le pouvons et rendre les choses meilleures pour nous-même et pour ceux qui nous entourent. Une chanson formidable, en fait, tout à la fois par l'apaisement de sa musique et par la profondeur de ses paroles.

J'ai relu les paroles et je me suis aperçu de quelque chose qui m'avait échappé. Les paroles présentent la vie comme un rêve (par exemple, « We are sleeping and we'll dream for evermore – Nous dormons et nous rêverons à tout jamais ») et suggèrent l'éveil à l'issue de ce rêve (« If you turn to the light that is burning in the night, then your journeyman's day has begun – Si l'on se tourne vers la lumière qui brûle dans la nuit, alors notre journée de Compagnon a commencé »). Cela me rappelle le concept oriental de pleine conscience. Selon la doctrine bouddhiste et d'autres tradition orientales, un individu se doit de se réveiller de la routine ordinaire de la vie et de devenir conscient et vivant dans le moment présent avant même d'entamer le voyage vers la connaissance.

Je ne suis pas sûr que ce soit ce que Bruce a voulu exprimer, mais cela me parait quand-même plausible.

SinisterMinisterX (du forum MaidenFans) – 25 avril 2004


 

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