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Live After Death
14 Octobre 1985
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Note:
Ce commentaire fut écrit par Mick Wall pour la ré-édition de la discographie
de Maiden en 1998. Ceci en est ma traduction. Les photos sont également
tirées du CD.
– Maverick
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Live
After Death, le double album live sorti en novembre 1985, représente l'apogée de
tout ce que le groupe a toujours voulu faire depuis la signature du contrat avec EMI en 1979. Même
si les cinq premiers albums studio avaient réussit à rendre l'atmosphère du groupe sur scène,
Live
After Death reste quand-même quelque chose d'à la fois rare et merveilleux : un album
live suffisamment puissant pour être considéré comme un véritable nouvel album et un
« must » absolu pour toute collection de l'œuvre de Maiden
qui se respecte.
En dehors du fait que 10 des 17 morceaux originaux avaient été enregistrés
avec des formations du groupe différentes (on en compte cinq depuis la formation initiale
avec Paul Di'Anno), même les compositions les plus récentes issues du line-up
Harris-Murray-Dickinson-Smith-McBrain semblaient être rafraîchies et renouvellées,
surpassant de loin les versions studios jusqu'alors disponibles. Ce n'est pas peu dire
si l'on considère que le groupe tire sa fierté d'être capable de jouer au meilleur de sa
forme quelles que soient les conditions.
Comme Steve me l'a dit à l'époque : « Les albums live sont soit
absolument fantastiques ou bien complètement merdiques. On dirait qu'il n'y a pas de milieu.
Soit on les adore, soit on les déteste. Dans le cas de
Live
After Death, on a voulu essayer de faire quelque chose comme Made In Japan de
Deep Purple ou Live And Dangerous de Thin Lizzy – un de ces albums live
qui apportent des éléments vraiment nouveaux aux morceaux originaux, et qui sont donc bon
à posséder dans sa collection, mais en même temps qui font que l'auditeur a l'impression
d'être sur scène avec le groupe. Alors ça nous a vraiment donné la
pêche ! »
Il y avait déjà quelques enregistrements live de Maiden disponibles notamment
en face B de divers singles. Il y avait aussi le fameux
Maiden
Japan, sorti assez précipitament en 1980 avec la formation Harris-Di'Anno-Murray-Stratton-Burr
et à l'origine réservé uniquement au marché japonais. Mais Maiden n'avait jamais encore enregistré
un concert complet. Avec sa pochette somptueuse,
Live
After Death n'est pas seulement un album formidable, mais également un morceau
d'anthologie que l'on peut tenir en main.
Enregistré à deux étapes importantes du
World
Slavery Tour qui avait suivi la sortie de l'album
Powerslave en 1984, les douze premiers morceaux, se trouvant sur les trois
premières faces du double-vinyle, furent enregistrés lors de deux concerts sur les quatres
que le groupe fit devant 13 000
personnes par soirée à la Long Beach Arena en Californie, en mars 1985.
Les cinq derniers morceaux, figurant sur la quatrième face, sont eux tirés des trois concerts
que le groupe donna à l'Hammersmith Odeon de Londres – « vraiment
chez nous », comme dit Dave Murray – en novembre 1984.
Les bandes furent mixées par leur producteur attitré, Martin Birch, alors que le groupe était
encore sur la route en Amérique. « Il nous envoyait les bandes, morceau par
morceau, on les écoutait et on renvoyait la boîte avec "ouais" ou "non"
marqué dessus », se rappelle Steve. « Alors il n'y a pas
d'overdubs, ni aucune addition en studio après-coup pour que ça sonne mieux comme
on en voit si souvent sur les prétendus albums "live" de nos jours. C'est
exactement tel que nous l'avons joué sur scène, avec les petits défauts qui vont avec, et
c'est pour ça que ça rends aussi bien, je crois. C'était du vrai de vrai ».
Commençant avec le célèbre discours du Premier Ministre britannique Winston Churchill,
« Nous les combattrons sur les plage... Nous ne nous rendrons
JAMAIS ! »,
avant de se lancer dans le morceau
« Aces
High », qui fut un single en 1984, et s'achevant dans un
formidable matraquage en rappel avec les trois morceaux
« Iron
Maiden »,
« Run To
The Hills » et
« Running
Free »,
les douze premiers morceaux reflêtent ce que fit le groupe lors de la tournée américaine,
au sommet de sa gloire. Bien que deux des concerts de Long Beach aient été enregistrés
– « au cas où il y aurait des daubes » – tous les
douze morceaux sont en fait issus d'un seul et même concert.
Number Of The Beast avait été le premier album de Maiden à devenir Disque d'Or
en Amérique (pour plus de 500 000
copies vendues) en 1982.
Piece
Of Mind, qui avait suivi en 1983, avait vraiment fait percer le groupe aux États-Unis et avait
été promu Disque de Platine (avec plus d'un million d'exemplaires vendus), donnant au groupe
l'occasion de se produire là-bas en tête d'affiche pour la première fois cette année-là. Mais ce fut
Powerslave, le deuxième album à passer directement au Platine, qui propulsa
Maiden dans les dix premiers des ventes aux USA, en en faisant le groupe le plus discuté du
pays en 1985. Il est donc logique qu'à l'exception des rappels, la plupart des concerts de Maiden
en Amérique aient été construits autour de morceaux des ces trois albums.
Et quel répertoire !
Des morceaux les plus populaires auprès des foules comme
« 2 Minutes
To Midnight »,
« The
Trooper »,
« Revelations »
ou
« Powerslave »,
aux moments les plus épique de leur carrière comme
« Flight Of
Icarus »,
« Rime
Of The Ancient Mariner »,
« 666
– The Number Of The Beast », ou
« Hallowed
Be Thy Name », il est facile de voir avec le recul pourquoi Maiden est devenu un tel
monument en Amérique à cette époque. Dans ce pays, où était-il possible de trouver une musique
à la fois aussi brute et pourtant si sophistiquée au début des années
80 ? Réponse :
nulle part.
Comme Bruce le dit aujourd'hui : « Sur les radios en Amérique à l'époque,
c'était REO Speedwagon ou Journey, ou alors rien du tout. Par conséquent, Maiden n'est presque
jamais passé à l'antenne là-bas, mais ça n'avait pas l'air d'avoir beaucoup d'importance. Le fait
qu'il fallait chercher un peu pour nous trouver semblait être un plus, je crois. Même si nous vendions
des millions d'albums, nous étions une espèce de grand groupe
« underground ». C'était formidable d'être considéré comme
ça ». À l'exception de
« Die
With Your Boots On », qui se trouve sur l'album
Piece
Of Mind, les cinq derniers morceaux, tous enregistrés en Angleterre avant que la partie
américaine du World
Slavery Tour ne commence, sont tous issus de la période antérieure à la percée de Maiden
aux USA, et ce par choix délibéré.
« C'est quelque chose que nous avons inclus pour les puristes de chez nous,
en Angleterre », m'a dit Dave à l'époque. « Les fans de Maiden
qui nous suivaient depuis le début. La plupart des fans en Amérique ne connaissaient
probablement pas la moitié de ces morceaux ».
« 22
Acacia Avenue », dont le refrain pouvait aisément être repris par le public
aux concerts, ainsi que le sombre et grandiose
« Children
Of The Damned » étaient des morceaux moins connus, mais très appréciés
de l'album
The Number Of The Beast. Mais le splendidement tonitruant
« Wrathchild »,
qui ouvre la dernière partie des cinq morceaux, remonte au deuxième album de Maiden,
Killers,
alors que le fantastique
« Phantom
Of The Opera », qui clot cet album live dans le plus pur style épique
du groupe, est un grand classique qui date du tout premier album,
Iron Maiden, sorti en 1980.
Quand on écoute ce chef-d'œuvre en 17 mouvements, il n'est pas étonnant que
de si nombreux fans commencèrent à considérer
Live
After Death comme le meilleur album d'Iron Maiden de tous les temps. Sans aucun passage
à vide, Live
After Death est une superbe collection des meilleurs moments des débuts de la carrière
de l'un des plus grands groupes de Heavy Rock. Sorti en novembre 1985, avec sa
pochette montrant le corps enflammé d'un Eddie aux yeux démentiels surgissant de sa tombe,
Live
After Death alla directement en première place des Hit-Parades anglais et devint le
troisième album du groupe à se vendre à plus d'un million d'exemplaires aux États-Unis.
Pour accompagner la sortie de l'album, Maiden mit sur le marché une vidéo de
Live After Death, réalisée par Jim Yukich, qui capture l'essence du groupe sur
scène lors de ces concerts historiques de Long Beach en 1985. Filmée lors de deux nuits
sur les quatre que le groupe passa là-bas en mars de cette année et utilisant neuf caméras,
la vidéo de
Live
After Death fut accueillie comme un véritable chef-d'œuvre. Employant le meilleur des
techniques visuelles de l'époque, cette vidéo nous emmène dans les meilleures places du concert,
nous faisant voir le concert sous une centaine d'angles différents, à la fois sur scène avec les
musiciens ou au milieu de la foule déchaînée, allant jusqu'à rencontrer la momie d'Eddie
en personne, alors qu'elle titube sur la scène telle un cauchemar incarné.
Comme on peut s'en rendre compte au thème de l'Égypte antique représenté sur scène –
et inspiré de la formidable illustration de la pochette de l'album
Powerslave qui dépeint Eddie comme une sorte de sphinx mutant de l'ère
spatiale – l'aspect théatral de la scène du World
Slavery Tour fut l'un des plus fantastiques et des plus innovants que le groupe ait jamais eu.
Et bien entendu, le point culminant du concert fut quand Eddie lui-même fit son apparition
au beau milieu du morceau
« Iron
Maiden ».
(Il n'est même pas nécessaire d'avoir vu la vidéo pour se rendre compte de cet évènement,
il suffit juste d'écouter les hurlements de plaisir de la foule pour s'en
apercevoir !)
« C'était certainement le meilleur spectacle que nous ayons donné »,
dit Steve. « C'était un équilibre parfait entre des effets scéniques spectaculaires
et des morceaux vraiment puissants, et cet album nous a immortalisés au moment où nous
donnions le meilleur de nous-mêmes sur cette tournée ».
À l'origine, l'idée était que Maiden, à la fin du
World
Slavery Tour en septembre 1985, retourne sur la route pour promouvoir l'album
Live
After Death. Mais après plus d'un an passée en tournée, le groupe décida de ne pas le faire.
« Nous étions sur les rotules » dit Adrian. « Nous avions
vraiment besoins de repos ». Heureusement, le succès de l'album
Live
After Death et de sa vidéo
leur permis de prendre des vacances bien méritées afin de récupérer. Après six ans et tout
autant d'albums, ce serait leur première véritable période de repos.
« Ce qu'on voulait faire était se reposer pour revenir avec des idées fraîches
pour l'album suivant », dit Steve. « Nous savions que cela nécessiterait
un effort supplémentaire – comment pouvait-on faire mieux après tout
ça ?
Et nous voulions être sûrs d'être prêts ».
Ils le seraient. Et nous, le
serions-nous ?
Photos du World Slavery Tour :
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