Killers constitue la suite de l'irrésistible ascension d'Iron Maiden vers les sommets
de la gloire et il s'est vendu à quatre fois plus d'exemplaire dès sa sortie que son prédecesseur.
Dans son ensemble, Killers est un excellent album, bien qu'il lui manque le morceau
« épique » que l'on trouve sur presque tous les autres albums du groupe
(par exemple,
« Phantom
Of The Opera »,
« Hallowed
Be Thy Name »,
« To Tame
A Land » ou encore
« Rime
Of The Ancient Mariner »).
Il contient quand-même de nombreuses compositions innovantes, ainsi que deux des meilleurs
instrumentaux de Maiden.
Ce n'est pas un concept album par définition, mais les morceaux partagent semble-t-il
un thème commun. On peut dégager un thème intéressant et complexe qui explore le concept
du « tueur » sous différentes perspectives dont l'individu en colère
à la recherche de vengeance, le suspect en fuite, l'accusé innocent, l'assassin de sang-froid,
le disciple repentant et finalement l'égaré qui se cherche. De ce point de vue, et avec un peu
d'imagination, cet album peut être vu sous l'angle d'une progression qui commence par
la colère et la violence pour s'achever par le repentir et la volonté de changer. Cela n'est
pas sans rappeler l'histoire de
« Rime
Of The Ancient Mariner », dans laquelle un marin passe de l'état de tueur impulsif
à celui d'hermite repenti qui voyage pour instruire les autres.
Un deuxième thème, moins évident que le premier, existe également au sein de cet album :
celui du manque de sens apparent à vie et du désespoir qui en résulte. Ainsi, Killers
entame un sujet qui est devenu récurrent chez Maiden, donnant naissance à certaines des meilleures
compositions du groupe. Cependant, contrairement aux chansons ultérieures, l'exploration de
Killers possède un motif très déprimant et chargé de regrets, à la limite du comportement
suicidaire. Ce deuxième thème apparaît notamment dans des morceaux comme
« Another
Life »,
« Twilight
Zone » et
« Purgatory ».
Cet album nécessite plusieurs écoutes pour vraiment l'apprécier à sa juste valeur. Le style
des albums de l'époque Di'Anno est assez différent de ce que Maiden a produit par la suite
et ceux qui n'y sont pas habitués auront peut-être besoin d'un certain ajustement. Mais
il est sûr que si vous donnez à cet album l'occasion de pénétrer votre esprit, il deviendra
probablement l'un de vos préférés.
Les commentaires de Steve Harris sont issus d'une
interview avec John Stix
parue en juillet 1983.
The Ides Of March (Harris)
On le jouait sur les enceintes avant de monter sur scène. Puis on
enchaînait directement avec
"Wrathchild".
Steve Harris
Ne durant qu'une minute et 44 secondes, « The Ides Of March »
est le morceau le plus court
que Maiden ait jamais composé. Il est d'ailleurs beaucoup trop court car c'est un excellent
instrumental. Les « ides » sont le 15e jour de
mars et font probablement référence à l'avertissement « prends garde aux
Ides de Mars » tiré de la pièce de William Shakespeare,
Jules César.
Les Ides de Mars correspondent à la date de l'assassinat de César par Brutus et ses complices tel
qu'il est décrit dans la pièce. Il s'agit d'une véritable date historique et constitue la première référence à
l'Histoire de la carrière de Maiden, une « tradition » que l'on retrouve
avec des chansons comme
« Invaders »,
« Run To
The Hills »,
« Alexander
The Great », ou plein d'autres. Les solos de guitare et la ligne de batterie en font
une superbe ouverture d'album qui se combine tellement bien avec
« Wrathchild »
qu'il pourrait très bien s'agir d'un seul et même morceau.
Il est aussi intéressant de noter que ce morceau de Maiden ressemble à s'y méprendre à
« Thunderburst » de Samson.
Thunderstick, le batteur masqué de Samson, a effectué un court passage chez Iron Maiden avant
l'arrivée de Doug Sampson puis de Clive Burr, et il a co-écrit ce morceau avec Steve Harris.
Cette composition fut enregistrée plus tard par Samson sur leur album Head On de 1980,
alors que Maiden l'enregistra en 1981 sur l'album Killers.
Le site d'Henrik Johansson dédié à Samson
– et aujourd'hui disparu – en fit l'analyse suivante :
« "Thunderburst"
possède une intro à la guitare acoustique qui ne figure pas sur "Ides..." et les deux
morceaux sont dans des tonalités différentes. Un accord du riff est modifié sur
"Thunderburst" et une partie vocale ressemblant à un chœur a été ajouté
à la fin du morceau. » Ce qui est le plus bizarre est que « Steve Harris
est crédité pour avoir co-écrit "Thunderburst", alors que Steve s'attribue seul tous les
mérites de la composition de "The Ides of March" ».
Entrent FLAVIUS et MARULLUS, et une multitude de citoyens des basses classes..
Flavius
Hors d'ici, rentrez, fainéans; rentrez chez vous. Est-ce aujourd'hui fête ? Quoi !
ne savez-vous pas que vous autres artisans vous ne devez circuler dans les rues les jours
ouvrables qu'avec les signes de votre profession ?—Parle, quel est ton métier ?
Premier citoyen
Moi, monsieur ? charpentier.
Marullus
Où sont ton tablier de cuir et ta règle ? Que fais-tu ici avec ton habit des jours
de fêtes ?—Et vous, s'il vous plaît, quel est votre métier ?
Jules César (Caius Julius Cæsar) est un général, homme politique
et écrivain romain, né à Rome le 13 juillet 101 ou 100 av. J.-C.
et mort le 15 mars 44 av. J.-C.
Il est assassiné par une conspiration de sénateurs dans le théâtre de Pompée
où se rassemblait le Sénat, le coup fatal vient d'un de ses fils adoptifs, Brutus.
Les derniers mots de César sont pour ce dernier « Kaï sù,
tèknon », soit « Toi aussi, mon fils » en grec,
et en latin « Tu quoque, fili mi ». Il fut nommé dictateur à vie,
déifié et sa mort marque la fin de la République romaine, qui, sous le principat
de son successeur Auguste, vainqueur de Marc-Antoine dans la deuxième guerre civile,
laisse place à l'Empire Romain.
Ce morceau est LE grand classique de l'album Killers et l'un des plus populaires
en concert. Il est entraînant et accessible à tous, et fut enregistré à l'origine pour la compilation
Metal For Muthas, ce qui est probablement la raison pour laquelle il ne fut
pas inclus sur l'album précédent. Il nous conte l'histoire d'un jeune homme en colère
à la recherche de son père, vraisemblablement avec des intentions plutôt violentes.
L'intro à la basse est fantastique.
"Wrathchild" a d'abord été enregistré sur un album appelé
Metal For Muthas sur lequel on trouve aussi "Sanctuary". C'était avant
qu'on ait un contrat avec une maison de disques. La version sur ce disque est assez différente.
Beaucoup de personnes nous ont demandé pourquoi on ne l'avait pas mis sur le premier album.
On s'est dit que, comme il était déjà sur Metal For Muthas, on ne voulait pas le mettre
sur le premier album. Le temps qu'on enregistre Killers, nous n'étions plus très satisfaits
de cette version, alors on a voulu l'enregistrer correctement. Les fioritures à la guitare autour du chant
sont d'Adrian. Elles n'étaient pas là à l'origine, mais quand Adrian a rejoint le groupe, on a
décidé de les ajouter.
Steve Harris
Murders In The Rue Morgue (Harris)
C'était une espèce d'expérimentation. Je n'avais jamais joué beaucoup
d'harmoniques à la basse avant. Mais, avec l'atmosphère de l'intro, il m'est apparu naturel de
jouer ces harmoniques. Je voulais créer une atmosphère, puis arriver et taper sur la tête
des gens avec. La mélodie du chant est assez semblable à celle du riff. C'est pour
donner plus de puissance aux
deux.
Steve Harris
Vaguement influencé par la nouvelle
d'Edgar Allan Poe (1809–1849)
Double assassinat dans la rue Morgue,
cette chanson nous raconte l'histoire d'un fugitif recherché pour meurtre. C'est là encore un morceau
rapide et entraînant que l'on apprécie assez rapidement. Il faut bien préciser que la chanson n'est
apparentée que de très loin avec la nouvelle de Poe qui est une histoire mystérieuse à la Sherlock
Holmes. La seule similitude, à part le titre, avec l'histoire de Poe est le meurtre de deux femme
dans la Rue Morgue à Paris (notez aussi que cette rue n'existe pas en réalité). Par conséquent,
il semble nécessaire d'analyser les paroles indépendamment.
Faites attention à la dernière strophe de la chanson :
But I know that it's on my mind
That my doctor said I've done it before
Mais je sais que c'est dans mon esprit
Que mon docteur m'a dit que je l'avais déjà fait
Cela pose une question des plus intéressantes : le personnage de la chanson serait-il
schizophrène et en proie à des
illusions ?
A-t-il vraiment assassiné les deux femmes après
tout ?
Il avait bien du sang sur les mains...
Les facultés de l’esprit qu’on définit par le terme analytiques sont en elles-mêmes
fort peu susceptibles d’analyse. Nous ne les apprécions que par leurs résultats.
Ce que nous en savons, entre autres choses, c’est qu’elles sont pour celui qui
les possède à un degré extraordinaire une source de jouissances des plus vives.
De même que l’homme fort se réjouit dans son aptitude physique, se complaît
dans les exercices qui provoquent les muscles à l’action, de même l’analyste
prend sa gloire dans cette activité spirituelle dont la fonction est de débrouiller.
Il tire du plaisir même des plus triviales occasions qui mettent ses talents en jeu.
Il raffole des énigmes, des rébus, des hiéroglyphes ; il déploie dans chacune
des solutions une puissance de perspicacité qui, dans l’opinion vulgaire,
prend un caractère surnaturel. Les résultats, habilement déduits par l’âme même
et l’essence de sa méthode, ont réellement tout l’air d’une intuition.
Edgar Allan Poe est un écrivain américain, poète, romancier et nouvelliste du
XIXe siècle. Il a aussi travaillé comme critique littéraire et
éditeur bien qu'il soit plus connu en tant qu'auteur. Il est, en effet, considéré
— avec Jules Verne — comme l'un des précurseurs de la littérature
de science-fiction et du fantastique moderne. Ses nouvelles — Double
assassinat dans la rue Morgue, La Lettre volée, Le Mystère de Marie Roget
— figurent parmi les premières œuvres reconnues comme policières.
C'est une drôle de petite chanson ayant pour personnage principal quelqu'un de plutôt
triste et qui considère le suicide comme une solution acceptable à ses maux. Les riffs
de guitare ne sont pas mal, mais les paroles sont assez répétitives, comme si Harris avait
soudainement eu un blocage mental et avait décidé de répéter la même strophe trois fois de suite.
Il est possible que cette répétition soit justement là pour renforcer le sens des paroles. Quoi qu'il
en soit, c'est un bon morceau.
J'aime beaucoup la partie harmonique sur celui-ci, et les fioritures d'intro
de Dave sont vraiment bonnes.
Steve Harris
Genghis Khan (Harris)
Tout comme « The Ides Of March », « Genghis
Khan » est un excellent instrumental. Il est plus long et plus complexe, avec
de nombreux changement de rythme qui mettent en évidence les formidables talents de batteur
de Clive Burr. Il s'agit probablement du meilleur instrumental de Maiden, créant un atmosphère
réminiscente de
Genghis Khan (v. 1162–1227), le grand génie militaire mongol qui fut le fléau de
l'Extrême-Orient au XIIIe siècle et dont l'empire
fut le plus vaste de toute l'Histoire. Genghis Khan est l'un des plus grands conquérants qui aient jamais
vécu, aux côtés de Jules César et d'Alexandre le Grand. Il était le fils d'un chef sans grande importance
dans ce qui est aujourd'hui la Mongolie Orientale et il fut d'abord connu sous le nom de Temujin. Il unifia
les tribus nomades de Mongolie en un état militaire discipliné, puis reçut le nom de Genghis Khan, le
« Chef Universel ». En 1207, Genghis Khan guida les Mongols
lors de la première de ses nombreuses conquêtes sanglantes et destructrices. On ne sait pas
exactement combien de personnes périrent lors de ces raids d'invasion, mais les estimations
les plus modérées font état de millions de victimes. Il n'apprit jamais à lire, mais sa réussite
en tant que chef d'état fut le résultat de son organisation militaire supérieure, de sa strategie
et de sa mobilité.
D'après Nicko, « Genghis Khan » fut écrit à la va-vite comme bouche-trou
sur l'album Killers et son premier titre de travail fut « Jenkin's Barn ».
On ne s'en douterait vraiment pas tellement ce morceau est
fantastique !
C'est encore un morceau où l'on aurait pu mettre une mélodie vocale,
mais on l'a trouvé très bien en tant qu'instrumental. Une ligne de chant l'aurait encombré.
À l'origine, il a été écrit pour dépeindre la sensation et le bruit de l'armée de Genghis Khan
allant au combat. On a trouvé que c'était mieux de ne pas y mettre de solo de
guitare.
Steve Harris
Innocent Exile (Harris)
« Innocent Exile » semble être l'extension du thème abordé
précédemment dans « Murders
In The Rue Morgue », celui du fugitif injustement accusé. On pourrait presque considérer
cette chanson comme la continuité directe de l'histoire commencée dans la rue Morgue, le fuyard s'arrêtant
ici pour réfléchir à sa situation misérable et apparemment sans issue. Il est peut-être difficile d'apprécier
ce morceau à sa première écoute, mais avec le temps, il est possible de vraiment bien l'aimer.
L'intro à la basse est plutôt bien, mais les solos de guitares sont formidables, ainsi que la dernière
moitié du morceau.
C'est l'un des tout premiers morceaux d'Iron Maiden. On l'adorait sur
scène, mais ça fait longtemps qu'on ne l'a plus joué. Le riff d'ouverture à la basse
était à l'origine joué à la guitare. Il a été écrit à la basse pour la guitare. La basse jouait
des accords éclatants derrière. Puis on l'a
inversé.
Steve Harris
Killers (Di'Anno, Harris)
Paul a écrit les paroles pour celui-là. Cela semblait tout à fait naturel
d'avoir des hurlements au début du morceau. Certains doivent se poser des questions
si ils ont une copie de la vidéo. On a fait une vidéo d'une demi-heure il y a trois ans,
avant la sortie de l'album. Les paroles sur cette vidéo sont totalement différentes
de celles de l'album. Nous n'en étions pas contents, mais elles existent dans leur forme
d'origine sur cette vidéo.
Steve Harris
Ce voyage dans l'esprit torturé d'un tueur mentalement dérangé est probablement
le meilleur morceau de tout l'album. Il représente le point culminant du thème du
« tueur », décrivant le meurtre depuis la perspective de
l'assassin lui-même. Celui-ci semble se délecter de la montée d'adrénaline que provoque
son acte, ainsi que de la puissance qu'il contient et de ce pouvoir sur la vie des autres.
Les paroles comportent un détail intéressant :
I have no one,
I'm bound to destroy all this greed
A voice inside me,
Compelling to satisfy me
Je n'ai personne,
Je suis condamné à détruire toute cette cupidité
Une voix intérieure
Me pousse à me satisfaire
Ces phrases suggèrent que l'assassin n'est pas uniquement motivé par sa soif de sang,
mais qu'il est également lancé dans une sorte de croisade morale. De plus, la mention d'une
«voix intérieure » renforce ici la possibilité qu'il soit schizophrène,
comme il y avait déjà été fait allusion dans
« Murders
In The Rue Morgue ».
Twilight Zone (Harris, Murray)
Ce morceau figure uniquement sur les pressages nord-américains de Killers et ne fut pas
inclus dans les pressages européens puisqu'il était déjà sorti sous forme de
single.
« Twilight Zone » avait été à l'origine enregistré pour finir en face B, mais
cette chanson était si bonne que le groupe décida d'en faire un « face A »
à la place. D'après Nicko, le producteur (Martin Birch) n'était pas là lors de cette session d'enregistrement
et les membres du groupe produirent « Twilight Zone » eux-mêmes. C'est une
autre excellente chanson, parlant d'un esprit désincarné qui observe sa partenaire toujours vivante et qui
envisage même de la tuer afin qu'elle le rejoigne et apaise sa solitude. Tout comme de nombreux
morceaux de Maiden, le tempo est très rapide, mais il parvient quand-même à transmettre ce sentiment
de tristesse et de mélancolie.
Il y a une série américaine du début des années 1960 qui porte également le nom de
The Twilight Zone, ou La Quatrième Dimension
en français. L'histoire de la chanson pourrait très bien en constituer un épisode.
C'était un single en Angleterre qui ne figurait pas sur le
pressage britannique de l'album. On l'a ajouté en bonus. Dave a trouvé le riff
principal. J'ai écrit la mélodie et les paroles. Mais le riff principal est de
Dave.
Steve Harris
Prodigal Son (Harris)
Cette chanson essentiellement acoustique nous conte les souffrances d'un homme qui se
repentit et dont le titre rappelle la parabole du « fils prodigue »
telle qu'on la trouve dans
l'Évangile selon
Saint Luc.
Il ne s'agit toutefois pas d'une interprétation directe de la parabole biblique car cet homme
confesse ses erreurs du passé à un lamia. Qu'est-ce qu'un
lamia ?
Ce mot n'apparaît pas dans le texte biblique. Cependant, selon les anciennes légendes grecques
et romaines, un lamia était sensé être un démon femelle qui dévorait les enfants et dont l'évocation
même du nom les effrayait. D'après la légende, il s'agissait d'une reine lybienne dont Jupiter (Zeus)
s'était épris, mais dont la progéniture lui fut enlevée par la jalouse Juno (Hera). Elle en perdit la tête
et jura vengeance sur tous les enfants qu'elle décida d'attirer pour les dévorer. En Afrique, la race des
lamias était supposée avoir la tête et le tronc d'une femme et un corps de serpent, attirant les étrangers
dans leur étreinte afin d'en faire leur diner. Le poème de
John Keats (1795–1821) appelé également
Lamia (1820) raconte l'histoire d'une jeune femme sur le point de se marier et qui,
démasquée par Apollonius qui savait qu'elle était un lamia, disparaît instantanément. Le
tableau de 1909 de
John William Waterhouse (1849–1917) est également inspiré de ce poème.
« The Lamia » est aussi le titre d'une chanson de
Genesis
qui se trouve sur leur album de 1974 intitulé
The Lamb Lies Down On Broadway. Steve Harris était un grand fan de Genesis
quand il était jeune et il est fort probable que ce groupe ait influencé l'écriture de « Prodigal
Son ». L'atmosphère éthérée du morceau semble renforcer l'idée que Genesis eut
une influence sur la composition du jeune Harris.
« Prodigal Son » peut vraisemblablement constituer la suite du thème
du tueur, celui-ci cherchant ici une forme d'aide et d'expiation. Ce raisonnement ne colle pourtant pas
complètement puisque les paroles semblent indiquer que le passé du « fils
prodigue » est plutôt lié à « des choses mystiques et à la
magie », et pas nécessairement à la violence ou au meurtre. Il s'agit
néanmoins d'un excellent morceau, avec un son différent de celui du reste de l'album.
Purgatory (Harris)
Ce morceau est un « remake » d'une chanson des tout
débuts d'Iron Maiden intitulée à l'origine « Floating » et que le groupe
jouait vers 1976–77. Il ne semble pas y avoir d'enregistrements
de « Floating » (bien que Steve Harris en ait peut-être), mais Nicko
nous informe que « Purgatory » est une version accélérée et ré-arrangée
pour l'album Killers. Les paroles de cette chanson se lisent comme un poème et, comme
c'est souvent le cas en poésie, le sens n'en est pas immédiatement apparent. Elle pourrait être la
suite du thème abordé dans
« Twilight
Zone », ou bien tout simplement une sorte de rêve éveillé. C'est toutefois
un très bon morceau.
C'est un assez vieux morceau. Sous une forme légèrement différente,
il s'appelait "Floating" à l'origine. Puis on a changé les paroles et deux-trois trucs
au milieu.
Steve Harris
Drifter (Harris)
Avec un peu d'imagination, on peut considérer « Drifter » comme
la dernière partie du thème du tueur, offrant la possibilité d'un nouveau départ et d'un avenir plein
d'espoir. L'atmosphère de ce morceau est beaucoup moins chargée que sur le reste de l'album
et il fut joué très souvent lors des premières années de concert d'Iron Maiden.
« Drifter » est l'un de ces morceaux qui prend toute son ampleur
en concert et l'on y retrouve souvent les « yo yo yo » familiers
qui sont sensés être un pastiche du grand tube commercial de The Police, « Walking
On The Moon », qui faisait fureur à l'époque. De nombreux fans considèrent
ce morceau comme l'un des moins attrayants sur l'album – il fait plutôt pâle figure comparé
à ce que Maiden compose d'habitude. C'est toutefois un très bon morceau à mon avis et je suppose
que c'est juste une question de goût.
C'est un morceau que nous jouons toujours en concert. On le descend
d'un ton et on fait participer le public. On l'a enregistré sur scène comme face B de l'un de
nos singles sorti en Angleterre. La partie plus lente est l'un des trucs blues de
Dave. Les différentes parties s'accordent parfaitement entre elles. Ce n'est pas un morceau qui
a été composé en différentes sections. Sur celui-ci, je savais vraiment ce que je
voulais.